En décembre, il dévoilait son premier EP « je vois, je crois », périple coloré qui nous transporte dans un univers aérien fait de légèreté et de bandes électroniques un peu folles.  Antoine à la ville, DESAINTEX à la scène n’a pas peur de surprendre, il escalade les nuages et nous livre une pop jazzy à l’image de ses nombreux voyages. Sélectionné cette année aux Inouïs du Printemps de Bourges, il se fraie un chemin dans la grande famille de la pop française. On a discuté avec ce nouveau « petit prince » de la pop juste avant son concert au Transbordeur en décembre dernier.


 

Bonjour Antoine,  tu peux te présenter en quelques mots ?

 

: Je suis DESAINTEX, j’ai 28 ans et je viens de monter un projet musical de pop en français. Et sinon, je vis à Paris mais j’ai pas mal voyagé.

 

Tu viens tout juste de sortir ton premier EP « je vois, je crois », comment est-ce que tu te sens après cette sortie ?

 

D : Je suis content, ça fait un moment que je bossais dessus. J’ai tout fait tout seul donc c’était beaucoup de travail, je voulais vraiment préparer le terrain pour faire « pop-up » la chose et pour que ça tombe dans l’oreille des bonnes personnes. Je suis aussi soulagé et content de présenter ça. On ne peut pas visualiser l’univers d’un artiste juste avec un clip, c’est pas suffisant, mon univers est plus large, tu verras en live. L’EP est teinté de plusieurs couleurs. Cet EP c’est un peu une carte de visite pour que le public visualise mon univers.

 

 

Tu fais de la musique depuis maintenant sept ans, pourquoi as-tu décidé de sortir ton projet maintenant ?

 

: Ce projet a mis du temps à mûrir. Avant, je ne me sentais pas légitime et pas musicien. Je jouais avec des copains, on faisait des jam, des trucs comme ça. J’ai commencé à bosser sur ce projet en me disant que j’allais expérimenter et trouver quelque chose qui me ressemble. Ça fait à peu près un an et demi que je le prépare, je voulais un truc complet. Je pense que ça prend du temps de trouver une couleur qui te ressemble. De nos jours, ce n’est pas si compliqué que ça de faire de la musique alors c’est important de mettre une touche personnelle dans ton projet pour que la musique que tu produis t’appartienne et que les gens puissent t’identifier.

 

Comme tu me l’as dit au début, tu as beaucoup voyagé et vécu à l’étranger, en Suisse, à Berlin… Est-ce que le voyage est important dans ton processus de création musicale ?

 

D : Je pense que c’est important pour la création en général. Pour moi, l’inspiration vient du fait de sortir de sa zone de confort, ces zones-là peuvent être d’autres villes, d’autres pays, des endroits où tu vas changer tes habitudes et ton quotidien. A chaque fois que je pars, je me déracine et en même temps je prends un peu de là d’où je viens. C’est une source d’inspiration obligatoire. Mais je n’ai pas voyagé pour la musique, ça s’est fait naturellement.

 

 Je t’avoue avoir un petit faible pour « Barricadé » que je trouve assez spatiale dans les claviers tout en restant très classique et épuré, pour ce qui est des paroles je sens une touche de regret et un certain lâcher prise. 

 

D : Pour ce morceau, il y a eu quelque chose d’automatique. C’est parti d’un sentiment sincère de repli de soi, ce genre de sentiment que tout le monde a un jour. Il y avait un truc latent en moi qui n’était pas facile à exprimer. Beaucoup de gens pensent que je parle de quelqu’un en particulier mais ce n’est pas le cas, c’est la magie des pop-song ! Ce morceau ne traite pas de l’amour entre deux personnes mais plutôt d’un amour familial. Ce sentiment que tu as envers les personnes que tu connais depuis très longtemps.

 

Je trouve que ce titre caractérise plutôt bien l’univers de cet EP, un univers aérien et complexe dans les mots, je trouve ça assez paradoxale, cette simplicité des mélodies et cette complexité dans les mots, du coup ça brouille un peu les pistes.

 

D : Ça vient pas mal de mes influences je pense. J’écoute pas mal de trucs expérimentaux.  Je ne suis pas du tout un grand technicien de la musique mais j’expérimente. J’utilise beaucoup de pianos droits, c’est un piano où il y’a des petites touches qui vont venir complexifier le morceau.  Après, la structure des pop-song est souvent assez simple à comprendre donc j’essaye aussi de construire cette structure. Ca vient sûrement de là, ce paradoxe.

 

Pour l’instant tu as sorti un seul clip, celui de « je vois, je crois », kaléidoscope multicolore où tu danses assez sérieusement tout vêtu de blanc avec des chaussettes à paillettes, la sobriété mêlée à un grain de folie, ne serait-ce pas ça, la formule magique de DESAINTEX ?

 

: Il y a de grandes chances ! C’est en partie grâce aux gens avec qui j’ai travaillé pour le clip (NDLR : Maria Vaiedelich et Cédric Boulanger ont réalisé le clip). Je pense qu’on va bosser encore longtemps ensemble. Maria adore m’utiliser pour ça, tout seul je ne me serai pas permis ces choses-là, elle m’a poussé à réveiller ce grain de folie. Actuellement, on est en train de bosser sur le clip de « Barricadé », ça va être sympa !

 

 

Qu’est ce que tu écoutes en ce moment ?

 

D : J ‘écoute beaucoup KOKOROKO en ce moment.

 

 

Quel est ton point G musical, ce qui te fait le plus vibrer dans la musique ?

 

D : C’est la sincérité d’un artiste que tu prends dans la gueule et qui te prend au cœur. C’est de sentir que la personne en face de toi te dit vrai.

 

Desaintex se produira le 26 janvier prochain au Noumatrouff (Mulhouse) dans le cadre des Inouïs du Printemps de Bourges antenne Alsace. 

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