On vous a déjà parlé de Paillette, éclat pop-mélancolique qui resplendit dans le paysage musical lyonnais. On l’a rencontré autour d’un café, juste avant la sortie de son deuxième EP « Deal with it » pour parler de son projet artistique, de ses inspirations et du pouvoir guérisseur de la musique.

 

 

Bonjour Paillette, qui se cache donc derrière ce nom de scène poétique et éclatant ?

 

Je m’appelle Marie, je viens de St. Etienne mais j’habite à Lyon depuis quelques mois. Je porte un projet solo piano-voix esthétique folk-chanson, un peu « dark » mais sans rentrer dans l’hyper-plombant, d’où le nom « Paillette » pour contraster un peu tout ça.

 

L’année dernière tu as dévoilé ton projet musical avec un premier EP « To hide », nous livrant alors une pop délicate, sombre et grave, comment tu as vécu la sortie de cet EP ?

 

Super bien, ça fait très longtemps que je fais de la musique mais c’est la première fois que ce projet-là voyait le jour au grand public. C’était très important pour moi parce que c’est un projet où j’ai fait pleins de choses toute seule, c’est moi qui ai autoproduit le disque, j’ai aussi fait le booking, je faisais un peu tout. Le projet a bien été accueilli, j’ai eu beaucoup plus de facilités que prévu. C’est un moment important de s’assumer seule face au monde sur un projet qui te tient à cœur. Et puis je suis allée me produire un peu plus loin que Lyon ou St. Etienne donc c’était très cool, j’ai eu des bons retours du public même si ce n’est pas une musique qui est très passe-partout.

 

Tu reviens bientôt pour nous présenter un deuxième EP « Deal with it » que tu as annoncé avec la sortie du clip « Blunt », comment tu te sens peu de temps avant la sortie de cet EP ?

 

Ça reste vraiment dans la continuité du premier, artistiquement mais aussi dans la façon de faire. J’ai encore fait beaucoup de choses toute seule même si je commence à m’entourer. J’avais envie de tourner une page mais en restant quand même dans la lignée du premier. J’avais envie d’aller plus loin artistiquement, de faire des choses différentes.

 

 

Pour présenter le morceau « Blunt » tu as posté un petit texte sur les réseaux où tu évoques « une douleur chronique que tu vis depuis trois ans », tu livres donc à ton public, une partie de ton intimité, de ton « jardin secret », ce qui n’est pas toujours facile de nos jours, est-ce que ça te tient à cœur de parler ouvertement, sans voile, aux gens qui t’écoutent ?

 

Oui, bien sûr, après ce n’est pas pour justifier ce que je fais. Je chante en anglais et ce que je dis n’est pas toujours accessible à tout le monde. Enfin c’est aussi une forme de pudeur pour moi, ça met un filtre. C’était aussi important parce que dans le clip, il y’a des images qui peuvent être assez dérangeantes, qu’on peut ne pas comprendre sans indice et je trouvais ça important de mettre des mots là-dessus. Après, c’est vrai que c’était déjà énorme pour moi parce que, dans la vie, je ne suis pas quelqu’un qui se livre beaucoup sur cette douleur-là, j’en parle très peu et le fait de le faire sur les réseaux c’était un grand pas.

 

Quand on regarde la définition de « Blunt », cela signifie « émoussé » c’est à dire « rendre moins vif, moins incisif, moins douloureux » est-ce que c’est un peu ça pour toi la musique, une sorte de thérapie, un apaisement ? 

 

C’est exactement ça, après c’est presque cliché mais oui je vois ce que tu veux dire, je ne parle pas beaucoup de ce que je ressens et la musique est un moyen de le faire sans trop en dire aussi. Je suis toujours dans la pudeur, c’est un peu mon mot préféré.

 

Je trouve que ce deuxième EP est plus lumineux (« Morning », « A better version of me »), mais toujours teinté de mélancolie, d’ailleurs ton premier EP s’appelait « To Hide  » et ce nouvel EP s’appelle « Deal with it », et j’ai comme l’impression que ce n’est pas anodin, se cacher puis ensuite faire avec, accepter, apprivoiser, il y’a comme une évolution positive.

 

C’est tout à fait ça. Je parlais de pudeur, je parlais de montrer des choses sans vraiment en montrer. C’est un peu pour dire « je vous présente ça, c’est moi, mais vous n’en voyez pas trop, je vous montre que ce que j’ai envie de montrer».

 

 

On t’a découvert sur scène lors de ton concert au Groom (à la release party de Slogan), tu étais seule sur scène avec un piano et une pédale. Tu veux préserver cette intimité dans le spectacle ou tu as le projet de travailler avec des musiciens ?

 

C’est quelque chose auquel je tiens parce que c’est mon projet personnel mais comme je le disais tout à l’heure, j’ai d’autres envies et d’autres ambitions artistiques en ce moment, travailler avec des musiciens en fait partie.

 

Tu peux un peu me parler de l’univers esthétique de tes clips ?

 

J’ai travaillé avec deux équipes différentes pour les deux clips, pour celui de « Blunt » c’était avec Anne-Laure Etienne et Peter the Moon. Anne-Laure est quelqu’un de très sensible et très créative, on n’avait pas énormément de budget, on a fait ça entre quatre murs, c’était vraiment une collaboration. Je voulais quelque chose de poétique et délicat.

 

Tu peux me parler un peu de tes inspirations musicales ?

 

Elles sont vastes. Il y’a des influences évidentes comme Agnès Obel. Sinon je parle aussi de Camille, de Ibeyi, Matt Corby, Patrick Watson, des artistes assez folks tout en légèreté.

 

 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

 

De l’accomplissement dans ce que je fais et de trouver un juste équilibre entre ce que j’ai envie de faire et ce qui fait plaisir aux gens.

 

Quel est ton Point G musical, ce qui te fait le plus vibrer dans la musique ?

 

Ce qui me fait vraiment vibrer c’est les arrangements très acoustiques, très simples, dans la finesse et dans la subtilité. Une voix, un piano et des jolis mots, c’est ça qui me fait vibrer.

 

Paillette jouera le 8 mars prochain à la Salle Léo Ferré ( Lyon 5) 

 

© Anne-Laure Etienne

 

 

 

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