Entre « grosses scènes et petits bars », Raqoons nous raconte son expérience grandissante du live

La programmation de Saint Rock avait de quoi attirer le regards : avec Pirouettes, Last Train et Inuit, le festival s’annonçait éclectique et réussi. Mais en plus petit sur l’affiche : jeune trio de rock originaire de Saint Etienne, Raqoons a déjà joué à Musilac, l’Olympia ou à l’Aluna festival. On les a rencontré juste avant leur passage sur scène pour parler concerts, influences musicales

B. : Salut Raqoons ! Pouvez-vous vous présenter ?

Quentin : On s’appelle Raqoons, Etienne est le guitariste, Téo est batteur-chanteur et moi je m’appelle Quentin et je suis le bassiste du groupe.

B. : Vous vous connaissez depuis longtemps ? La fac ? Le lycée ?

Téo : Même pas, après tout ça ! On s’est rencontrés à la base sur un tremplin, un concours où on était dans des groupes différents. Mon frère et moi avions un groupe et Quentin un autre. L’histoire c’est que Quentin a perdu le concours donc il a eu les boules [rires] et après il est venu voir les gagnants, il s’est incliné, plus bas que terre, et on l’a récupéré.

B. : Était-ce une évidence pour vous dès le début de faire un mélange de rock et de funk ?

Quentin : Quand on s’est rencontrés on a mis en commun tout ce qu’on aimait. Les premières discussions qu’on a eu c’était « t’écoutes quoi ? C’est quoi tes groupes préférés ? » etc… Au début on est partis sur du rock pur et dur, très basique, en s’inspirant des codes classiques, à la AC/DC et au fur et à mesure du temps on a essayé de s’ouvrir à d’autres styles et de piocher les choses intéressantes qu’on entend dans le rap ou l’électro. Donc maintenant ce qu’on fait est plus mur qu’au début et il y a plus d’influences.

B. : Et la funk s’est donc imposée ? C’était un parti pris ?

Téo : En fait c’est un parti pris dans le sens où on fonctionne de base à 3 instruments, guitare-basse-batterie et on est très axés autour de la guitare. On avait envie de faire un truc qui donnait une grande place à la guitare sans le côté vieux rock un peu trop kitsch. On voulait faire un truc dans lequel la guitare donnait un côté dansant et nous c’est ce qu’on aime entendre dans la guitare, ce côté funky, qui groove, les cocottes.

© Justine Targhetta

B. : Pour la composition, qui s’occupe de quoi ? C’est un travail d’équipe ?

Téo : Euh…. C’est assez hybride. En général c’est plutôt moi qui vais composer le début de la chanson avec un instrument et ma voix. Ensuite je brode autour dans mon coin et quand j’estime que je peux leur montrer pour en faire quelque chose on bosse le truc à trois. Etienne a quant à lui vraiment le rôle de prod. En studio, il va chercher les sons, gratter les trucs pas cohérents.

B. : On a déjà dû vous le demander mais d’où vient votre nom ?

Quentin : Ça date du début quand on a créé le groupe, c’était le premier gros dilemme. Après on s’est dit qu’il faudrait une image forte, un signe distinctif donc on a axé ça sur un animal et le raton-laveur nous paraissait bien de part ses attributs.

Téo : Ouais le raton-laveur avait des attributs qui nous correspondaient bien, c’est pas totalement arbitraire. On le trouvait taquin, très mutin même. On a la blague facile et puis avec les gens on est faciles d’accès, on aime bien déconner.

Quentin : Du coup on s’est dit que le raton-laveur collait bien mais si ça se trouve il y a plein de gens qui se diront « le raton-laveur je vois pas du tout ça comme ça« . On en a fait un logo et on a changé l’orthographe du nom anglais officiel parce qu’on était noyé dans les pages Facebook de fans de raton-laveur.

B. : Revenons un peu en arrière. En 2017 vous remportez le tremplin Musikcasting qui vous permet de faire la première partie de Broken Back à l’Olympia. Vous appréhendiez de monter sur une telle scène ?

Téo : Nooon, c’était une lettre à la poste… [rires] On s’est pas disputé juste avant le concert, rien du tout, nickel ! [rires] On s’est organisés le trip un peu nous-même, on a réservé les hôtels, le parking pour protéger le matériel, tout ça en une semaine parce qu’on nous l’a annoncé qu’une semaine avant… On était ultra stressés, très tendus et puis la pression forcément. Ce que les gens peuvent voir sur Youtube c’est les images en coulisses, juste avant qu’on rentre, je me souviens encore qu’on regardait la pendule…

Quentin : Il y avait un stress vraiment palpable

B. : Et ça a été ?

Quentin : Bah on a fait nos 25 minutes, on les a pas vu passer, quand on est sortis on était sur un petit nuage…

Téo : Les gens ont super bien réagi ! Quand on te dit Paris tu te dis : « oh putain ça va pas réagir, ça va être froid, les gens vont te regarder avec des têtes d’enterrement… ». Pas du tout ! Les gens répondaient super bien, ça gueulait dans tous les sens, c’était trop cool !

B. : Brocken Back est sympa ?

Téo : Il est sympa et ses musiciens aussi d’ailleurs parce qu’il tourne avec une équipe de musiciens depuis un moment. On a bien discuté. Ils nous ont mis très à l’aise, on s’est bien entendu avec eux, c’était très cool.

© Leelou Jomain

B. : Vous êtes en pleine tournée française, vous sortez de l’Aluna festival… Vous devez être de plus en plus habitués aux grosses scènes non ?

Téo : Oh non ! Des scènes aussi énormes que ça ne sont pas dans nos habitudes. Du coup, on a eu Musilac, les deux, Mont Blanc et Aix. Aix c’était moins stressant parce qu’on jouait sur la petite scène. À Mont Blanc on jouait sur la même scène que Thérapie Taxi et Lomepal. Tu joues sur l’exacte scène que Lomepal a foulé, ça fait quelque chose… On était des Télétubbies qui arrivaient là, on était tout joyeux. Ça nous a mis une bonne baffe, ça c’est sûr.

Quentin : On prend un petit peu d’expérience à chaque fois qu’on fait une moyenne/grosse scène mais je pense qu’il faudrait en faire tous les jours pour être parfaits là-dessus.

Téo : On alterne beaucoup entre petites scènes, scènes plein air, dans des bleds paumés de la France, on va se perdre dans tous les coins de la France parce qu’on aime bien ça. On fait tellement de trucs différents que du jour au lendemain les conditions n’ont rien à voir.

Quentin : D’ailleurs pour la petite anecdote, quand on a fait l’Olympia, une semaine après, on jouait à Yssingeaux, à côté de chez nous dans une petite salle, une boite de nuit où y’avait quelques dizaines de personnes maximum… Parfois nos semaines c’est comme ça, on alterne les grosses scènes et les petits bars.

Téo : Mais tu ramasses des gens au passage, c’est aussi ça le but, arriver à faire ton taff aussi bien devant 20 que devant 2000.

B. : Du coup, y-a-t-il une scène que vous aimeriez fouler ?

Téo : Glastonbury, à chaque fois que je vois les images je me dis là c’est LA scène où j’aimerai jouer. Le Download aussi, toutes les grosses scènes françaises en fait.

Quentin : Moi j’aimerais bien jouer au Mainsquare parce que c’est le premier gros festival que j’ai fait et où j’ai vu mon groupe préféré, Green Day. Je me suis dis un jour je veux monter sur la même scène qu’eux.

B. : Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?

Téo : C’est vrai que ça c’est un truc, pleins de groupes disent, on fait ça, dans tel ou tel ordre alors que nous…

Etienne : On va juste chier un coup en fait !

Téo : Ça doit être le truc le plus rituel qu’on a au final c’est vrai ! Le rituel c’est on attend qu’Etienne pose sa pêche ! [rires] Il y a un truc magique juste avant de monter sur scène, Etienne a toujours le timing parfait. En général quand le régisseur dit : « bon les gars on monte sur scène !« , y’a Etienne qui part fumer une clope et du coup on doit l’attendre à chaque fois ! C’est le seul rituel qu’on a je crois.

B. : Votre premier EP est sorti en 2017 et vous venez de sortir un nouveau titre, sous forme de live session. Peut-on espérer de nouveaux titres ?

Téo: Ça annonce bien un truc qu’on veut sortir en 2020 en effet. On ne sait pas encore si ce sera un album ou un EP. On a pas mal de titres mais on veut pas en jeter non plus donc on avisera.

B. : Pour finir, pouvez-vous nous donner votre point G musical du moment ?

Téo : Laisse moi réfléchir… Ah bah si je sais ! C’est Dua Lipa ! Je suis devenu ultra fan d’elle, j’ai regardé ses lives, j’adore ses chansons. Après j’ai toujours eu une énorme affinité avec Bruno Mars donc ça peut expliquer certaines choses.

Quentin : Moi j’ai des petits coups de cœur toutes les semaines mais le dernier que j’ai eu c’est un petit rappeur du nom d’Ico. Je l’ai découvert en écoutant Caballero et JeanJass parce qu’ils ont fait un feat. ensemble du coup je me suis intéressé à lui. J’ai hâte de voir ce qu’il va sortir !

Etienne : Je vais rester dans le métal, Bring me the Horizon j’écoute beaucoup en ce moment. Même les derniers sons qu’ils ont fait récemment où tout le monde leur chie dessus moi je trouve ça très bien.

Téo : On vient de te donner ce à quoi ressemble notre univers : moi je suis très pop, Quentin est très orienté vers le rap français et il nous ouvre beaucoup là-dessus et Etienne est très métal et rock.

Etienne : En fait dans l’idée, on essaye d’utiliser les sons d’aujourd’hui et d’y mettre des intentions rock.

B. : Merci à tous les trois !