À l’occasion de la Messe de Minuit lyonnaise, on a eu la chance de rencontrer Lysistrata et ses 3 garçons débordants d’énergie. On a parlé de Breathe In/Out, leur album à paraître le 10 octobre prochain mais aussi de la grande famille du rock et de liberté artistique. Entretien.

L. : Salut Lysistrata ! Pouvez-vous vous présenter ?

Max : Moi je suis Max, je joue de la basse.

Ben : Je suis Ben et je fais de la batterie.

Théo : Moi je suis Théo et je fais de la guitare dans Lysis.

 

B. : Entrons dans le vif du sujet : y-a-t-il un rapport entre la musique que vous faites, le rock et le sexe, le désir, par rapport au nom du groupe qui renvoie à la pièce de théâtre d’Aristophane ?

B : C’est le nom de la protagoniste de la pièce d’Aristophane mais sinon t’a aucun rapport ! [rires] Quand on a commencé le groupe il nous fallait un nom parce qu’il fallait mettre le nom sur une affiche. Théo a trouvé ce nom en cours d’histoire et on s’est pas posé de questions plus que ça !

 

B. : Votre deuxième album sort dans quelques semaines maintenant, le 18 octobre. Vous l’abordez comment ? Une suite du premier ? Un tout nouveau chapitre ?

M : Je pense qu’il est vraiment différent du premier. Il a été enregistré dans les mêmes conditions que le premier : même studio, même ingénieur son… C’est pas spécialement une suite.

B : Souvent, les deuxièmes albums, on voit ça presque comme les « vrais premiers ». En tout cas pour nous ! Dans notre cas, notre premier album était composé de beaucoup de morceaux qu’on jouait en live depuis un moment et qu’il fallait mettre sur un truc physique. Alors que le deuxième on a pas du tout composé pareil, sur un laps de temps beaucoup plus court. On avait le projet de faire un album et on a composé pour.

T : L’album est un peu né de la frustration de ne pas avoir assez répété. On a utilisé beaucoup de riffs, beaucoup de trucs qui traînaient… Je pense qu’il est né de cette frustration de ce manque de répétition…

M : Même en balance, y’avait des riffs qui sortaient et tout ! On enregistrait au portable et on les réutilisait ensuite. Un moment donné, il y avait des riffs qui s’empilaient dans nos portables donc il fallait bien en faire quelque chose. On répète très peu avec Lysis[trata].

 

 

B. : C’est le comble, vous faites trop de concerts du coup vous avez plus de temps pour vous !

B : Ouais c’est un peu ça sauf qu’on garde le temps qu’il nous reste pour nous. Un moment il faut lâcher.

T : Faut aussi qu’on profite de nos familles…

 

L. : Avez-vous des pressions derrière ? Labels, producteurs…

T : Franchement non, on a pas tant de pression. L’équipe qu’on a est vraiment trop cool : Charles et Hélène en booking c’est des gens adorables. Notre label, Vicious Circle est trop cool… Tous les gens avec qui on bosse sont adorables du coup on n’a pas de pression. Sinon on arrêterai la musique je pense.

M : Il y a des labels qui veulent entendre les préprod[ductions], les mix, pour mettre leur « accord » dessus. Philippe (l’ingénieur son de Lysistrata), c’est nous qui lui envoyons les trucs parce qu’on a envie qu’il écoute et qu’il nous donne son avis. Lui sinon il dit rien, il nous laisse complètement libre. Si on veut juste aller en studio et rien lui faire écouter il dit oui il est ok.

B : Sauf si on se met à faire du zouk ! [rires]

T : Après c’est vrai que c’est un peu stressant de sortir un album, c’est le deuxième du coup… C’est plus excitant qu’autre chose, d’arriver sur scène et de faire un truc différent c’est cool.

 

B. : Vous allez jouer beaucoup de morceaux du nouvel album ce soir ?

B : On mélange un peu les deux. On fait surtout les nouveaux, a besoin de les jouer : on a tellement jouer les anciens depuis des années !

M : Avant on avait pas vraiment la possibilité de faire des lives différents. Comme on a des morceaux assez long, l’enchaînement des morceaux un moment tu es allé au bout. Il y quelques formules qui marchent bien tu te retrouves vite à tourner autour. Là maintenant qu’on a deux albums on peut mélanger tout ça ! On a des formules qui marchent bien, le début et la fin, des trucs dans ce genre-là mais sinon tu peux vraiment t’amuser !

B : Et puis on a surtout des temps différents selon les scènes.

 

© Laeti Foxx

 

B. : J’écoutais en venant un de vos premiers morceaux, Bicycle Holiday, que vous aviez composé avec la Jungle… Vous le jouez encore de temps en temps ?

T : Non plus trop… C’était encore instrumental à l’époque, on trouve que ça rentre plus trop dans notre setlist maintenant, on a évolué. C’est pas notre premier morceau mais il est peu connu. L’EP Pale Blue Skin est sorti avant et le titre Asylum aussi, bien qu’il soit sorti sous trois formes différentes ! [rires]

 

L. : Quelles sont les meilleures conditions d’écoute de votre album selon vous ? 

T : Un beau vinyle, une bonne platine, une bonne bière, des tapas et c’est coolSinon, quand tu te sens, au réveil ou pas, quand tu sens que tu peux bien te poser.

 

B. : Parlons un peu de votre pochette. C’est votre idée ? Celle de quelqu’un d’autre ?

B : C’est ma copine Lily qui a fait la pochette. En fait elle m’avait montré un plan d’un film de Xavier Dolan, Mommy dans lequel l’ado écarte les bras et crie au ciel avec une sorte de léger flou. Elle avait envie de reproduire un peu le même truc. Même avant, j’avais une sorte d’idée comme ça, je voulais faire un truc avec mon petit frère qui a une gueule d’ado.

T : Dans ce délire là, les pochettes qui m’avaient plu moi c’était le premier album de Placebo, un gamin grimaçant, hyper belle et ça m’a un peu rappelé le délire de la pochette de Bryan’s Magic Tears de chez Born Bad.

B : Ouais, les trucs plus humains c’est cool. Le flou ce qui est cool c’est que tu peux l’agrandir c’est pratique ! [rires] J’aime bien aussi le côté suggéré. En plus, à la fin du dernier morceau de l’album il y a un son de gratte qui fait une sorte de respiration et il y avait cette idée d’illustrer un peu ça dans la photo, de sortir la tête de l’eau. Puis le nom de l’album [Breathe In/Out] est venu suite à ça en fait.

 

B. : Vous avez déjà eu envie de faire un album concept ?

T : Nan pas trop, on aime pas avoir un cadre. Alors ok c’est nous qui le mettrions ce cadre mais ça reste un cadre, c’est chiant. On s’est jamais dit « bon là il faut qu’on fasse un morceau comme ça » etc… Dès qu’on sent que c’est nous qui avons fait le truc c’est bon.

 

B. : Les chansons de votre album à paraître sont beaucoup plus courtes que sur le précédent… Est-ce voulu ? Une coïncidence ? 

B : C’est vrai qu’on a plus de structures « pop », des refrains qui se répètent etc… Avant on avait plus l’envie de faire un morceau avec une histoire du début à la fin maintenant moins.

T : Faire un morceau qui va de A à Z ça nous a moins excité. On aime bien juste trouver un putain de riff et explorer autour.

B : Moi j’adore jouer les morceaux un peu plus courts parce qu’ils s’enchaînent plus rapidement, c’est vraiment puissant.

T : Ouais je suis assez d’accord, le progressif tout le temps moi ça me fait chier parce que c’est tout le temps le même truc. Alors que là tu sens que ça lâche parfois, ça revient, il y a une tension qui se crée.

 

 

B. : Considérez-vous que vous appartenez à la grande famille du rock ? 

M : Tu parles en France ou à l’international ?

 

B. : En France plutôt…

T : Il y a pleins de styles : math-rock, grunge, prog, stoner etc… C’est du rock merde. Un moment tu vois, on joue fort, on aime avoir des distos du coup oui.

M : On fait tous des styles différents, Last train en font un, Psychotic un autre mais on reste tous dans la branche du rock. Humainement en plus on s’entend et se connaît tous très bien.

 

L. : Pour terminer, quel est votre point G musical ?

T : Tropical Fuck Storm moi.

B : Les deux albums, les projets du chanteur, tout.  Sinon je suis re à fond dans Nick Cave parce que j’ai lu la BD écrite sur lui.

M : Uranium Clubrock hyper secos, leur dernier album défonce.

 

L. : Merci beaucoup !

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