Bon, on l’avoue traverser l’océan pour découvrir les trésors musicaux canadiens nous titille un peu… En attendant, de réunir les pépettes et d’avoir le Saint Graal (PVT, PVT, PVT – émoticône avec des étoiles dans les yeux), on a eu la chance de parler via écrans interposés avec Debate Club, sur leur nouvel album Phosphorescent – sorti le 25 octobre dernier, ainsi que l’inspiration qui en découle.

 

 

Eloïse : Une petite présentation s’impose : Qui est Debate Club ? 

Francis : Philippe et moi, on joue de la guitare. Les deux Alexandre assurent la section rythmique (Martel à la basse et Aubut à la batterie). Nous chantons tous, mais Phil prend le lead au vocal. Le Club s’est formé en 5 ans. Il faut dire que Phil et moi, on se connaît et on joue de la musique ensemble depuis 20 ans, on a toujours été très connectés musicalement. Bon, on s’est quand même perdus de vue pendant quelques années. Puis, on s’est retrouvés, par hasard, à la Rockette, en plein milieu d’une nuit effervescente. Ce soir-là, Phil m’a proposé de lancer un projet à partir de plusieurs démos qui traînaient chez lui. C’était évident que j’allais dire oui !

Pendant quelques années, on a évolué comme ça, avec une rotation d’ami.es qui ont assuré la partie rythmique du projet. Les choses sont devenues plus sérieuses lorsque Alexandre Aubut, un bassiste exceptionnel, a rejoint la formation en 2017 pour jouer la batterie. Logique, non ? Al Martel est arrivé en 2018. C’était un de mes chums du secondaire qui avait une basse, il avait donc toutes les qualités requises pour jouer de la basse dans Debate Club !

 

É: Vous venez de sortir Phosphorescent, comment s’est déroulée cette période de composition? D’où vient le titre de ce second album Phosphorescent

Francis : On a eu franchement beaucoup de plaisir. La composition s’est échelonnée sur deux ans, environ. Durant ces deux années, on ne pensait pas faire un album. On voulait seulement jouer de la musique et tripper… Peut-être sortir quelques chansons sous forme de E.P., sans plus. Une sorte de Fish Fry Second Request…

Enfin, les pièces se sont accumulées, un thème principal s’est défini, et une esthétique s’est dégagée de tout ce tumulte. Ça fini par former un tout très cohérent à nos yeux. On était excité et surpris. C’est là qu’on a pensé à faire un album complet, c’est là que Phosphorescent est arrivé.

Pour ce qui est du titre, je dirais simplement que le principe de phosphorescence est une belle représentation des transitions vécues dans les dernières années. L’album est marqué par cet état de transition.

 

 

É : D’où vient le titre de ce second album Phosphorescent et de quoi parle t-il ? 

Francis : Pour ce qui est du titre, je dirais simplement que le principe de phosphorescence est une belle représentation des transitions vécues dans les dernières années. L’album est marqué par cet état de transition.

Grosso modo, l’album incarne une volonté de retrouver une certaine candeur, mais aussi une volonté de s’éloigner de certains écueils. On pourrait dire qu’il s’agit d’un retour à un état d’être fondamental, pareil comme comme le kid sur la pochette qui est visiblement très excité d’embarquer sur son vélo.

(Les gars diraient probablement que je suis trop deep, right now !)

 

É : Qu’est-ce qui vous a inspiré d’ailleurs pour la composition ? 

Francis : Les Growlers et Parquet Courts ont été deux groupes qui roulaient en boucle lorsque nous étions dans la composition de cet album, ils sont certainement quelque part dans la trame de fond de Phosphorescent.
Sinon, on est des enfants inconditionnels du punk, du garage, mais aussi de la pop. On adore le shoegaze, tout comme le psych et les sixties… Enfin, bien mélanger, laisser reposer quelques années, enfourner à 375° et vous obtiendrez peut-être quelque chose qui ressemblera à Phosphorescent.

 

É : On passe par I Want Out, en passant par Feeling Good, pour ensuite être Get Bored et déculpabiliser avec What Can you Do ? – Beaucoup de ressentiments mais un style homogène sur l’ensemble de l’album (incisif, strident, rythmé) – Pourquoi ? 

Francis : En effet, il y a un enchaînement de différents états d’esprit dans cet album, c’est bien vu. Maintenant, le public a le choix d’y adhérer ou non, de le ressentir, de s’en foutre ou de voir complètement autre chose. Une fois que le disque est sorti, les gens en font bien ce qu’ils veulent ! C’est eux qui deviennent les artistes !

 

 

É : En quoi cet album – Phosphorescent est différent de Fish Fry ? À contrario, ont-ils un lien particulier ?

Francis : Fish Fry, c’était nos premières chansons. On les aime encore, certaines plus que d’autres… C’était un E.P. brut, plus expéditif et peut-être un peu plus anxiogène, plus proche de nos racines garage punk. Fish Fry est forcément le point de départ de Phosphorescent.

 

É : Beaucoup vous associent à Corridor, vous le vivez comment ?
Francis : Bon. Allons-y. Ce n’est pas la première fois qu’on nous compare à Corridor, mais c’est la première fois qu’on nous demande comment on le vit ! Merci de vous en soucier ! Don’t get me wrong – On adore Corridor ! On les écoute depuis longtemps et on est très fiers d’eux ! C’est des gars vraiment gentils et très talentueux. Ce qui leur arrive, en ce moment, est vraiment super, et c’est très mérité. Maintenant, qu’en est-il de l’association entre Debate Club et Corridor? Elle est tannante et facile, mais on la comprend.

Nous aussi, nous sommes 4 gars, nous aussi nous avons un groupe de musique qui oeuvre dans la grande famille de ce que l’on appelle le rock, nous aussi nous venons de Montréal, nous aussi nous venons de l’adorable famille de Michel Records, nous aussi nous portons des tuques à l’occasion (Hey, au Québec, il fait froid 7 mois et demi par année !)

(On le concède, il y a quand même beaucoup de « Nous aussi… »)

Maintenant, pourquoi est-elle tannante? Justement parce qu’elle est facile. Sur le fond, Corridor et Debate Club incarnent deux univers bien distincts. Allez écouter et on s’en reparle!

 

 

É : Une tournée prévue prochainement ?

Francis : On l’espère ! On est en train de regarder ça…On aimerait vraiment avoir la chance de venir faire un tour chez vous!

 

É : Quel est votre Point G musical du moment ?

Philippe : Deceiver, le nouvel album de DIIV.

Francis : Histoire Naturelle de Jonathan Personne

Alexandre Aubut : Juice B Crypts, le dernier album de Battles

Al Martel : Parquet Courts

 

 

Merci à l’équipe de Debate Club qui a répondu à nos questions, et à la patience de Morgane (Boogie Drustore) toujours mise à rude épreuve.

 

 

© Photo de Antoine Wibaut 

Posted by:Eloïse

Née à la mauvaise époque, elle comble cette nostalgie grâce à une recherche effrénée de disques des 70’s et de concerts rock.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *