Prenez le temps d’apprécier The Slow Rush

Une pochette figée, qui pourrait tout aussi bien être l’affiche d’un film d’anticipation. Marquée par le passage du sable et du temps, la salle aux nuances rougeâtres qui fait figure de porte d’entrée sur le dernier album de Tame Impala a subi un abandon certain mais celui-ci ne semble pas négatif. L’ambiance semble apaisée et c’est exactement le message que veut faire passer The Slow Rush : prenez votre temps et surtout profitez-en.

Le temps, il en aura fallut à Kevin Parker pour sortir cet album inespéré et tant attendu des fans. 5 ans se sont écoulés depuis la sortie de Currents, le phénome(nal) 3ème album de Tame Impala. Seul à la composition, Kevin Parker n’est accompagné de musiciens que lorsqu’il est sur scène, lors de tournées internationales. Ses acolytes aussi transcendent les frontières puisqu’on retrouve le français Julien Barbagallo à la batterie et les australiens Jay Watson (derrière le projet GUM), Cameron Avery (leader de The Growl) et Dominic Simper, tous rassemblés derrière la créativité sans limite de Kevin Parker. The Slow Rush a donc vu le jour en studio, sorti du cerveau bouillonnant d’un artiste au talent créatif démesuré.

 

À travers 12 titres et un titre on ne peut plus oxymorique, The Slow Rush explore le temps et ses rouages. Savourer un instant (On Track), éviter les remords et profiter (Tomorrow’s Dust), ou questionner le futur (Is It True), toutes ces thématiques sont abordées et traitées avec poésie et groove dans un album plus disco que les précédents. Le psychédélisme est toujours de mise mais teinté de percussions exotiques et de synthés brillants.

Il y a déjà presque un an, le premier single dévoilé fût Borderline. Funky à souhait, le morceau a tout de suite conquit le cœur des internautes, fans où pas du groupe australien… Mais la véritable couleur de l’album sera révélée par le morceau Lost in Yesterday sorti tout début 2020. La chanson évoquant un potentiel jour sans fin (pas le film hein, même si le texte le mentionne) se place en bonne position pour tutoyer les tubes The Less I Know the Better ou Elephant, chacun issu d’un album différent.

 

Tandis que l’album avance, on sent un thème émerger : le temps. Kevin Parker se remémore de bons souvenirs sur One More Year, interroge l’instant sur It Might Be Time et essaye même de gagner du temps sur l’enivrant One More Hour, morceau de 7 minutes terminant l’album avec l’envie de ne jamais stopper un bon moment (« As long as I can« )… Ne relancerait-on pas l’album mais en aléatoire ? Laisser la poésie de côté et s’évader sur une plage de sable fin avec Tomorrow’s Dust ou directement sur le dancefloor avec Glimmer, courte transition complètement disco.

Au final, rien n’est laissé au hasard dans ce nouvel opus de Tame Impala. Que ce soit l’enchaînement des titres, la pochette ou les différentes ambiances, tout se tient. Le détail qui tue ? L’album s’ouvre sur One More Year et se termine sur One More Hour. La boucle est bouclée et l’album téléchargé.

 

 

© Leelou JOMAIN – Kevin Parker pour la Route du Rock 2019