– Confiné·e·s avec Eisbear –

Eisbear, groupe de cinq lyonnais revisitant les années 80 et la new wave d’une touche contemporaine bien à eux. 

Déjà quelques scènes lyonnaises derrière eux comme La Marquise, Le Farmer ou encore Le Sonic partagées avec des groupes reconnus comme Surf CurseSparkling et Second Still.

Une ambiance de sombre romantisme, teintée d’une esthétique mystérieuse à la David Lynch, les membres d’Eisbear ont accepté de répondre aux questions du Point G Magazine.

Nous laissons la parole à Mattis, Axel, Noé, Hugo.

  • Que signifie votre nom de groupe Eisbear ? 

Axel : Notre nom vient de la chanson Eisbär du groupe Grauzone. On a commencé à la reprendre pour notre premier concert et on avait pas de nom à l’époque. Noé a proposé “Eisbear” en inversant les lettres pour se différencier un peu de la chanson originale et c’est resté. On reprend encore cette chanson en live et souvent en rappel. Le public est d’ailleurs très réceptif quand on la joue, c’est un bon titre pour terminer un set. 

  • Votre premier concert en tant que spectateur, c’était quoi ?

Hugo : Star Academy saison 3

Mattis : Bénabar à Fréjus

Axel : Diam’s au Zénith de Saint-Étienne

Noé : Diam’s à la Halle Tony Garnier (drôle de hasard..) 

  •  Votre premier concert à vous, des souvenirs ? 

On s’est formé en août 2018. Notre premier concert était pour le lancement du Petit Paumé place Louis Pradel à Lyon en octobre avec Ganache et Manta. Il pleuvait, on avait froid, mais c’était un bon souvenir, d’autant que ça nous faisait un bon challenge de monter un set de 45 min en deux mois de groupe. 

Axel : Mon premier souvenir de “scène” avec un groupe c’était devant l’internat de mon collège. On avait sorti les instrus à l’improviste et on avait joué devant tous les internes des chansons très médiocres.

  •  Quel est le premier disque que vous avez acheté ?

Noé : ManauLa vallée de Dana

Hugo : Guns N’ RosesChinese Democracy

Mattis : RohffLa puissance (Single)

Axel : O’ZoneDragostea Din Tei (Single)

  • L’album à écouter en cas de confinement ? 

Axel : Nicolas Godin – Live Arte Concert. Projet solo d’un des deux fondateurs du groupe Air. L’image est superbe et la musique est douce comme un agneau. Les synthés de mes rêves sont présents dans cette vidéo.

Hugo : Julia JacklinCrushing, j’ai découvert cette artiste la semaine dernière sur KEXP. Cet album réunit beaucoup de choses qui me plaisent énormément : des chansons lentes aux arrangements épurés, une voix féminine envoûtante et des textes inspirés par une rupture amoureuse.  

Mattis : Bee GeesSpririt  Having Flown. Après avoir chouré un vieux vinyle de mon oncle, j’ai découvert cet album et ça a été une belle claque. Comme un peu tout le monde, je connaissais les Bee Gees un peu en surface et j’ignorais qu’ils avaient écrit d’aussi belles balades.

  • Les influences de votre nouvel EP «Bushido » ? Des thématiques particulières que l’on retrouve ? 

Axel : Pour la partie musique on est influencés par les années 80 et leurs sonorités bien kitsch et énergiques. J’utilise personnellement des synthés rétros (Juno 106 et son chorus mythique) et des samples de vieilles boîtes à rythmes (Linndrum, Yamaha RX5, Oberheim DMX). Aucun batteur n’a joué sur cet EP et tout est programmé sur boîte à rythmes, ce qui a demandé d’ailleurs beaucoup de travail.

Mattis : On attache beaucoup d’importance aux mélodies, à l’utilisation de leitmotiv qui se retrouvent ci et là dans le morceau et réarrangés d’une manière différente. Esthétiquement, on puise dans des influences variées suivant les morceaux. “It’s Over” a un côté funky, “Laura” emprunte à la dreampop, “Sweety Gums” est une ballade pop type tube 80’s. Pourtant, malgré ces esthétiques variées, les sons utilisés et la manière de composer sont les mêmes, rendant le tout cohérent (on l’espère). 

Hugo : Pour les paroles, j’ai puisé dans mon expérience personnelle. Lors de la formation du groupe, j’ai pris un malin plaisir à mettre en chanson toutes les émotions et les questionnements que je gardais en moi auparavant. L’écriture de ces chansons m’a permis de transformer cette tristesse en énergie positive.

  • Qu’est ce que l’EP Bushido, selon vous, peut apporter à la quarantaine de chacun ? 

Un grand sentiment de liberté  ainsi qu’une promesse d’évasion non négligeable, une impression d’avoir retrouvé une vie normale en l’espace de 33 min. Tous les médecins nous détestent, on aurait trouvé un remède miracle à cette pandémie (pas de CB, pas de chèque, pas d’arnaques, 100% fiable).

  • On retrouve des inspirations Lynchéennes ? Qu’est-ce qui vous plaît dans cet univers ? Pourquoi l’avoir retranscrit et s’en inspirer ? 

Notre morceau “Laura”, que l’on retrouve dans notre premier EP, est une ode à Twin Peaks. Les paroles sont tirées directement de la série, il s’agit d’un poème récité par la soeur de Donna en mémoire à Laura Palmer. On est particulièrement fans de la musique de Badalamenti qui vient soutenir cet univers mystérieux et poétique. 

  • Votre oeuvre préférée chez David Lynch ?

Axel : Twin Peaks et plus particulièrement Fire Walk With Me. Ce film est un condensé du meilleur de l’univers Twin Peaks, sans les arcs narratifs à l’eau de rose (coucou James Hurley). La série a pas mal bouleversé les codes de l’époque (1990), et continue d’avoir de l’influence aujourd’hui. Mention spéciale à la saison 3 sortie 27 ans après la deuxième saison, fallait être patient.

Hugo : Twin Peaks étant la réponse évidente, je vous incite à regarder A Straight Story car c’est le film le moins représentatif de l’oeuvre de Lynch. Loin de Mulholland Drive ou Lost Highway, on a ici affaire à une intrigue des plus classiques ponctuée par une fin hyper réconfortante.

Mattis : Je vous dirais bien Blue Velvet mais je ne l’ai pas vu …

  • Quelle est la première chose que vous allez faire en sortant du confinement ?

Boire un coup tous ensemble et préparer notre nouvelle formule live en vue de notre release party. On a aussi beaucoup de nouvelles démos à mettre en place qui annoncent une direction artistique un peu différente de ce que l’on a pu faire dans notre premier EP. 

  • Votre Point G découverte musicale en ce moment ?

Axel : Bon Voyage OrganisationLove soup. J’aime ce mélange d’influences disco, funk et pop, avec un chant féminin en français et quelques sonorités world. J’écoute ça le matin pour me mettre dans un bon mood!

Hugo : Four Tops – Walk Away Renee. J’ai découvert cette chanson dans le film Three Billboards Outside Ebbing, Missouri (que je recommande d’ailleurs)

MattisWir Sind HeldenVon Hier An Blind. Découvert par hasard, ça fait du bien d’entendre un peu autre chose que de l’anglais et/ou du français dans l’indie.

On vous laisse avec la playlist Quarantaine concoctée par le groupe Eisbear spécialement pour le Point G. 

Le single Sweety Gums est sorti Vendredi 17 avril 2020, on attend impatiemment, le 15 mai, la sorti de leur premier album Bushido.

Fans de new wave, des 80’s, de Twin Peaks, de pop, de musique planante vous vous retrouverez dans la musique d’Eisbear. En espérant les retrouver très vite en live.

 

Crédit photo : Johan Desmares

Crédit visuel : Rémy Badout