– Déconfiné·e·s avec Capturne –

Capturne, groupe de cinq gars lyonnais, se rangeant dans le style musical du groupe SMOG, ont sorti leur premier EP éponyme en novembre dernier. Ils nous emportent, nous guident à travers leur musique dans un endroit plus simple, un peu comme si nous étions au dessus des nuages, planants dans le ciel.

Ils nous ont fait le plaisir de répondre aux questions du Point G Magazine. Laissons la parole à Théo, Lucas, Alex, Léo et Anthony.

 

• Quel est le sens derrière votre nom de groupe Capturne ?

Alex : Au début on voulait partir sur « Défaillance Airbag ». Parce que j’avais une voiture qui arrêtait pas d’allumer les voyants des airbags qui étaient nazes. Mais ça plaisait à personne et ça faisait un peu punk donc rien à voir avec notre style. Un jour on était dans le train avec Léo et on cherchait des noms pour notre groupe. On feuilletait plein de magazines pour essayer de s’inspirer. On a essayé plein de choses, comme assembler des mots mais ça ne marchait pas du tout. On avait tous les deux des bonnets noirs. Bonnet c’est cap en anglais, ils étaient noirs donc nocturne. Depuis le début j’ai l’impression qu’on a fait que des trucs à l’arrache en fait. (rires)

 

• Chacun de vous a plusieurs projets avec différents groupes, en quoi Capturne vous a-t-il rassemblé ?

Léo : C’est le seul projet que j’ai du coup il est assez unique et spécial.

Théo : On a énormément d’influences communes dans ce projet. Hormis Alex, que je connais depuis l’adolescence, je ne connaissais personne. Maintenant je passe ma vie avec, et on rigole bien. Lors de la première répétition où j’étais présent j’ai vraiment accroché à l’univers musical, il s’y dégageait une ambiance très particulière. La répétition était bonne sa mère.

Lucas : Je me sens plus à ma place, c’était la première fois personnellement que je rejoignais un groupe aussi proche de mes influences musicales.

Anthony : Capturne, c’est le kiff de se retrouver au local répéter un peu comme des vieux potes qui vont jouer aux boules au parc.

Alex : C’est un groupe qui s’est formé un peu par hasard, avec des rencontres improbables et au final les inspirations communes et beaucoup d’ennui ont fait naître le groupe.

 

• Quelle est la force de ce groupe par rapport aux autres où vous êtes impliqués et qu’est ce qui le distingue ?

Alex : Des structures de morceaux qui ne respectent pas les codes de la Musique Actuelle et le bar des Capucins


Théo : Apprécier la galère, et les marches de l’église de Scientologie de Lyon. Meilleur Spot (0603). Plus sérieusement, on se complète beaucoup et on apprécie les mêmes choses, musicalement parlant.

 

• Quel était votre premier concert en tant que spectateur ?

Léo : Iron Maiden à Bercy, “Fear of The Dark” énervé de chez énervé.

Lucas : Ça devait être Lorie à la Halle Tony Garnier au début des années 2000.

Théo : Calogero avec Maman et Popa. Énorme concert.

Anthony : Un groupe de punk désaccordé à la fête de la musique, Low Tech, groupe de rock “régressif” haut marnais.

Alex : Je m’en rappelle plus mais j’aurais aimé que ce soit Francis Cabrel.

 

• Quel est votre premier disque que vous avez acheté ?

Alex : Ça doit être l’album “Dans ma bulle” de Diam’s, à l’époque j’étais à fond dans le rap game.

Anthony : Eminem Show, mon album préféré du rappeur.

Lucas : J’étais au collège et c’était l’album de Slipknot qui venait de sortir à l’époque, All Hope is Gone, le dernier avec Paul Gray à la basse 🙁

Théo : Hm… c’était une compilation de Florent Pagny. Non, c’était un cadeau de Noël mais c’était clairement ma première découverte personnelle. Avec mon argent, c’était All Hope Is Gone ou Iowa de Slipknot, j’ai un gros doute.

Léo : Je n’ai jamais acheté de disque. Je peux vous dire la dernière cassette achetée, “Aimez vous les uns les autres”. Un super truc que j’ai chopé à Ouagadougou, je vous le conseille à tous. Je ne suis absolument pas un fan de cassette mais c’est la seule chose que peut lire notre chère Tagazoo, fidèle destrier d’Alex.

 

• Quel est votre Point G découverte musicale en ce moment ?

Lucas : Avec Théo le S on écoute Princess Thailand, on a bien kiffé.

Théo : Princess Thailand. J’adore. Rien à ajouter.

Léo : “Je suis venu te dire que je m’en vais” d’Alpha Blondie. Le banger de cet été.

Anthony : SUUNS

Alex : J’écoute pas grand chose en ce moment mais je peux vous conseiller d’aller écouter le dernier EP du groupe lyonnais Johnnie Carwash.

• Vous ne serez, sans doute pas surpris de la question qui suit qui porte sur les influences que vous recevez de Radiohead. En effet, cela m’amène à la question suivante : votre clip « Listen up », a des notes accentuées du clip « No surprises », pourquoi avoir choisi cette esthétique là ?

Alex : Radio quoi ?

Lucas : Maintenant que tu le dis c’est vrai mais on n’y avait pas du tout pensé, on était parti sur l’idée d’un mec qui galère en face caméra pendant 5 minutes.

Théo : Sur les différents exports du clip, je n’avais pas du tout en tête le clip de No surprises. Mais bien joué. La question, elle est bonne sa mère.

 

• Quelle est la ligne directive de votre EP ? Par cela, j’entends comment pensez vous que votre EP forme un tout, l’histoire derrière cet album ? Comment définiriez-vous votre style de musique sur cet EP ?

Léo : Il forme un tout car, Décines grand large (le local de répétition), les poulets texmayo-mex, les nuits blanches au local. C’est aussi un peu émouvant pour moi de devoir en quelque sorte mettre un point final à des morceaux qui, pour certains, trainent depuis très longtemps dans mon ordi. Mais en vrai on est déjà en train de les retravailler pour un projet secret …

Théo : Je ne sais pas si on peut parler de ligne directrice, ni d’histoire derrière l’EP. Mais il s’y dégage pour moi une envie d’isolation, de solitude et de mal être. D’un confinement non imposé. Le confinement, il était bon sa mère.

Alex : Grâce au premier EP, on a eu la confirmation que nous étions capables de travailler ensemble, que chacun pouvait apporter quelque chose. Il y a toujours des doutes au début d’une formation. Et puis soudainement ça parait évident.

 

• Comment définiriez-vous votre style de musique sur cet EP ?

Alex : Capturne c’est du SMOG

Théo : C’est clairement du SMOG

Lucas : SMOG

 

• Uniquement en regardant les titres présents sur l’EP, je suis tout de suite attirée par le dernier morceau, « Iron Maiden » ? Une ode au groupe de rock connu ? Y-a-t-il un sens caché ? Et musicalement, qu’est ce qui en ressort ?

Léo : Une ode au nom de merde donné au projet Logic. Je sais rarement comment appeler les projets quand je les commence sur l’ordi, du coup ils ont souvent des références pas forcement évidente.

Alex : Iron Maiden se nomme ainsi car la guitare du début, assez frontale, nous fait penser à du Iron Maiden, même si au final ça n’a rien à voir. Au même titre que Listen Up s’est longtemps appelée Reggae pour sa ligne de basse. C’est une manière de nommer les morceaux entre nous, qui est resté pour celle là.

Lucas : On trouvait que le riff avait des notes d’Iron Maiden dedans et, vu qu’on n’avait pas de titre, à chaque répète on disait « On fait le morceau qui ressemble à Iron Maiden là ? » Ça s’est vite transformé en Iron Maiden tout court. On fait ça pour beaucoup de morceaux auxquels on trouve un titre « officiel » au dernier moment mais on trouvait ça marrant de garder Iron Maiden pour celui là. En plus on a tous été fans de ce groupe à un moment donné.

 

• Que pensez-vous que votre EP « Capturne » puisse apporter au quotidien de chacun, en ce moment ?

Théo : Du seum ?

Léo : Du seum c’est pas mal comme réponse.

Lucas : Pas de la bonne humeur ça c’est sur, mais si ça peut juste leur faire ressentir des trucs, c’est cool.

Anthony : En ce moment particulièrement, je ne sais pas, mais mes parents aiment bien c’est déjà ça.
Alex : Je sais pas, les gens ont l’air de bien aimer.

 

Radiohead est un groupe très engagé politiquement, socialement, écologiquement, leur musique se positionne de manière très claire sur certaine problématiques sociétales. Que souhaitez-vous véhiculer à travers votre musique ?

Alex : Rien de bien précis, je pense que les gens prennent ce qu’ils veulent de ce qu’on leur propose. Chacun y trouve son compte.

Anthony : Oui, chacun est libre d’interpréter ce qu’il veut.

Léo : Le plaisir du son, le plaisir des rythmes alambiqués, et le grand kiff d’avoir des mélodies de chant très simple.

Lucas : Pas de message en particulier, peut être que c’est amené à évoluer avec le temps mais pour l’instant. On veut surtout exprimer des galères. On préfère parler de sentiments par la musique qu’on fait plutôt que par des paroles engagées.

 

• Qu’écoutez vous pendant des temps difficiles ?

Théo : Meshuggah et des mix de Hardtek.. Des musiques énervées sa mère, aux antipodes de Capturne.

Anthony : SUNNS

Léo : Temps difficiles ? Je suis de nature très optimiste, à la limite une petite contrariété et j’écoute Capturne. Quand c’est vraiment la déprim’ c’est “Chanter c’est lancer des balles” d’Alain Souchon direct.

 

Alex : En période de crise, j’écoute Amadou et Mariam, “Je pense à toi”.

• Que faites-vous pendant cette période ?

Leo : Je suis retourné à l’école (une école de cinéma). Du coup pour moi en ce moment c’est beaucoup de temps passé devant l’ordi à écouter et réécouter les même phrases en boucle. Que du plaisir donc, étant un grand fan de musique sérielle.

Alex : En ce moment je fais de la musique et je promène mon chien Francine.

Théo : Énormément de répétitions, et je fais des tours de périph’ pour essayer de montrer au mécanicien ce qui cloche sur ma Peugeot 306 style. En vain.

 

• Vous êtes en collaboration avec l’association de production audiovisuelle Slip Over. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Alex : J’ai monté Slip Over avec Victoria en 2019. Elle travaille dans plusieurs domaines artistiques (théâtre, photographie, graphisme, cinéma…), c’est ce qui nous a permis d’avoir une vision globale de l’identité visuelle du groupe. On aime bien penser le groupe comme un tout et pas seulement comme une identité musicale.

 

• Pourquoi se mettre en relation avec une association telle que celle-ci ? Que cela apporte-t-il à votre groupe de musique ?

Anthony : Cela permet d’avoir une identité visuelle propre et cohérente; et d’avoir une vue globale du projet.

 

  • Avez-vous déjà quelques idées pour un futur album ? Sera-t-il dans la même veine que le premier ou voulez vous explorer d’autres styles ? 

Théo : J’aimerais bien faire de la musique Tzigane. Et du Djent. 

Anthony : La musique africaine, le Kraut rock, la pop alt… On est ouvert à tout on va explorer encore. 

Alex : Je pense qu’il sera plus Techno Dub chanté en français. 

Lucas : L’EP suivant est déjà enregistré, il sera pas plus joyeux, voir même carrément moins, mais on l’espère plus lancinant et plus hypnotique. 

Léo : Le prochain EP est déjà enregistré. Il faut que je finisse les structures. Et avant de le sortir, on va sortir un autre truc. Donc on en a deux dans le four ! 

 

Et voilà, cette interview est terminée, avec un suspens bien présent concernant les projets musicaux de Capturne… Stay Tuned ! On espère aussi, bien-sûr, les retrouver bientôt en live.

On vous laisse avec la playlist concoctée par les membres de Capturne, spécialement pour le Point G Magazine.

 

 

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