Anacortes : « On est enfermé en ville et on rêve de la plage d’Onisac »

C’est dans un bar-tabac du 7 ème arrondissement sobrement nommé « La Pipe » que nous avons rencontré les garçons d’Anacortes pour leur toute première interview. Devant une bière pression bon marché, sous les vapeurs de cigarettes et d’autres substances peu légales, on a fait connaissance avec leur électro-pop « un peu cool » comme ils aiment la décrire. Rencontre avec Quentin, Corentin et Maxence.

 

Salut les garçons, alors racontez-nous, c’est qui Anacortes ? 

 

Corentin : Anacortes c’est un groupe lyonnais formé il y’a deux ans par trois amis qui s’aiment énormément !

Quentin : On se réunit régulièrement dans des sous-sols pour créer de la musique électro-pop chanson française.

Maxence : Il faut préciser que ces sous-sols sont de couleurs vertes, c’est pour ça qu’on les appelle les  « Green Basement ». Et c’est vrai qu’on fait de la musique un peu pop, un peu cool et qu’on s’amuse bien.

Corentin : On fait tout nous même, les clips, la musique, les paroles c’est auto –produit.

 

Comment est né le projet ?

 

Corentin : Au départ, Quentin et Maxence faisaient de la musique ensemble, ils avaient un petit groupe, et puis un jour en soirée j’ai rencontré Quentin, je lui ai fait écouter ce que je faisais en solo, il m’a fait écouter ce qu’il faisait avec Maxence et on a réciproquement bien aimé. C’est à partir de ce moment  qu’on a commencé à répéter ensemble.

Maxence : Ce qui est drôle dans cette histoire, c’est qu’on avait abandonné l’idée d’avoir un chanteur, on prenait les chemins sinueux de l’électro sans chanteur avec des samples de voix et tout compte fait c’est le coup de foudre de Corentin et Quentin qui a fait qu’un jour, Quentin m’a dit « j’ai trouvé la personne qu’il nous faut ».

 

Vous pouvez nous raconter l’histoire du nom du groupe ?

 

 Maxence : Alors on va laisser Quentin t’expliquer parce qu’il est directement lié au nom du groupe !

Quentin : Quand j’avais quatorze-ans, mon lycée proposait un voyage aux Etats-Unis, j’ai eu la chance d’atterrir dans un très bel Etat pas loin de Seattle dans une ville qui s’appelait Anacortes. C’était une presqu’île paradisiaque au bord de l’Océan Pacifique, il y’avait une grande forêt, des lacs de partout, c’était magnifique. Puis quelques mois plus tard, mon correspondant américain est venu me rendre visite en France, il a assisté à une de nos répétitions et il se trouvait qu’on cherchait un nom pour le groupe, on s’est souvenus du nom de sa ville et on a trouvé que c’était super stylé comme nom « Anacortes » ! Du coup, on a gardé ce nom et on a fixé un objectif ultime : faire un concert avec le groupe Anacortes à Anacortes.

 

Parlez-nous un peu de vos inspirations musicales ?

 

Corentin : L’artiste qui nous inspire tous c’est Mac Demarco, on l’aime énormément, ça se ressent un peu dans les guitares à la cool mais aussi dans le jeu scénique un peu nonchalant, un peu fou ! Pour ce qui est du côté plus sombre, on aime beaucoup Odezenne et Feu!Chatterton.

Maxence : Beaucoup de gens nous disent que notre musique fait penser à Katerine, j’avais jamais vraiment écouté et je me suis plongé dedans, et c’est vrai qu’on se rapproche un peu de lui dans le côté décalé.

Quentin :  On écoute pas mal de vapor-wave, synth-wave et simpsons_wave aussi, ça se ressent peut être un peu au niveau des synthétiseurs.

 

Vous avez révélé le projet Anacortes avec un premier morceau « la plage d’Onisac » , un morceau planant et presque mélancolique sur un clip décalé où vous avez l’air de bien vous amuser, vous pouvez nous en dire un peu plus sur cette plage idyllique ?

 

Corentin : Un jour avec Quentin, on a décidé de créer un morceau dans son entièreté et de poster notre première vidéo sur Youtube, on devait tout faire : la musique, les paroles, le mixage, le clip…On s’est dit qu’on n’irait pas se coucher tant que le clip ne serait pas complétement fini.  On a commencé à travailler à 15h et on a posté la vidéo à 13h le lendemain !

Maxence : Ce qui est fort c’est qu’on n’avait pas prévu de date de sortie pour notre premier morceau. Un jour, je suis rentré de vacances, j’ai reçu une notification « Anacortes a publié une vidéo », j’ai trouvé ça fou !

Quentin : Pour ce qui est de l’aspect mélancolique, nostalgique, c’est assez intéressant parce que l’idée de base de la plage d’Onisac c’est une plage artificielle qui serait dans la ville, une plage où l’on se réfugie. On a tourné le clip dans mon hall d’appartement où il y’a une sorte de mini-forêt avec des plantes et on s’est posés dedans, on était bien, on a repris tout ces petits souvenirs pour écrire les paroles.

 

Quand on regarde vos clips, quand on écoute votre musique (Plage d’Onisac, la Piscine, Mendez Club..), j’ai comme l’impression que vous prenez un malin plaisir à nous emmener dans des lieux paradisiaques et parodiques qui n’existent que dans vos têtes, qu’est-ce que vous en pensez ?

 

Maxence : En fait c’est exactement tout ce qu’on ne connaît pas.

Quentin : On est enfermé en ville et on rêve de la plage d’Onisac.

Maxence : On fait de la musique dans des appartements, on fait nos soirées dans des appartements, du coup, on fantasme des lieux qu’on ne connaît pas pour fuir la ville.

 

 

On ne va pas se le cacher, vous avez une âme de vloggeur, vous nous l’avez prouvé dans plusieurs vidéos (Le noël d’Anacortes, Behind the scenes du clip Mendez Club), c’est important pour vous de montrer votre quotidien musical aux personnes qui vous écoutent ?  

 

Corentin : Nous, on fait ça car on kiffe voir les artistes qu’on aime bien faire des vlog, comme Bagarre qui fait beaucoup ce genre de choses. Mais pour l’instant, on est à un stade où on n’a pas forcément de public donc parfois on a peur de paraître prétentieux…mais nous ça nous fait plaisir de se filmer, on rigole bien.

Quentin : Au final, c’est un petit plaisir coupable, si j’avais pu être youtubeuse beauté, je l’aurais fait direct !

 

Sur Youtube, vous avez décidé de créer deux chaînes : Anacortes le jour , votre chaîne basique et Anacortes la nuit, une chaîne plus « dark », pourquoi ce désir de montrer deux facettes du groupe ? 

 

Quentin : Pour nous c’était important de faire deux chaînes parce qu’on crée énormément de morceaux, on a peut-être 70/80 musiques propres à ce jour. Anacortes la nuit c’est une chaîne c’est une chaîne qu’on utilise quand on a envie de sortir un morceau qu’on aime bien mais qui n’est pas forcément en raccord avec le projet Anacortes.

Corentin : C’est un peu un défouloir ! Un endroit où on met ce qu’on a envie de mettre !

 

Alors, c’est pour quand la sortie nationale de l’EP ?

 

Corentin : Tout dépend de comment notre public réagit, des concerts qu’on va faire…

Quentin : Par compte on vient de sortir tous nos meilleurs morceaux de Youtube sous forme d’EP sur toutes les plateformes de streaming légales ! Il faut écouter ça !

 

 

Un petit message pour la communauté qui ne connaît pas encore ANACORTES ?

Corentin : N’hésitez pas à y aller, on ne mord pas ! On fait de la musique qui peut plaire à un public de 7 à 65 ans !

Quentin : On est un groupe à double-tranchant, c’est à dire qu’Anacortes c’est de l’humour, des paroles légères mais derrière tout ça, on essaye toujours de poser des vrais sentiments et des choses cachées !

 

Pour finir en beauté, dites-moi c’est quoi votre Point G musical ? Ce qui  fait VIBRER vos oreilles de plaisir ?

Quentin : Moi je pense que c’est quelque chose de nostalgique, de démodé, au niveau des paroles ou de la musique, c’est ce genre d’ambiance qui me fait voyager. Même si c’est une époque que je n’ai jamais connu, je pense aux 80’s par exemple, j’ai l’impression que ça me touche encore plus, comme si j’avais vécu dans une autre vie. C’est vraiment ça qui me fait vibrer.

Maxence : Moi j’ai eu un orgasme musical très récemment, c’était le concert de Juliette Armanet au festival Les Belles Journées, j’avais un sentiment bizarre, l’énergie qui se dégageait me donner envie d’avoir un putain de sourire mais en même temps, il y‘a des moments où j’avais vraiment envie de chialer en souriant.

Corentin : Dans la musique, ce que j’aime le plus c’est le côté progressif, par exemple l’artiste Nihls Frahm, c’est de la musique électronique mais très mélodique, très pure, très subtile.

 

Anacortes se produira le 17 Novembre prochain à  La Commune (Lyon 7 ème)