L’orgie sentimentale d’Odezenne au Transbordeur

« La dernière fois qu’on est venu ici, vous étiez trois fois moins ! ». Le Transbordeur, les garçons d’Odezenne s’en souviennent. Il y’a deux ans déjà, ils répandaient leur poésie tendre et torride entre les murs intimistes du Club Transbo. C’était encore l’époque de « Doltziger.2 », l’époque où le vent du succès commençait à souffler, le temps des bouches à lèvres et des cabriolets. Jeudi dernier, Odezenne a joué dans la cour des grands et s’est payé le luxe de la grande salle pour présenter leur album rouge vif « Au Bacarra ».

 

C’est le jeune parisien Moussa qui ouvre le bal, ami dévoué du groupe qu’on retrouve sur le morceau vaporeux « James Blunt », ce magicien des mots s’amuse de la langue française et manie les rimes avec brio sur des instrus à mi-chemin entre rap et électronique. « J’t’emmène dans mon cabriolet, on fait des sauts d’cabris au lit », Moussa annonce la couleur, la soirée sera rouge et rose, érotique et romantique.

 

 

La première partie touche à sa fin, les retardataires se précipitent devant la scène, la chaleur humaine se fait déjà sentir, dans la foule, les premières clopes s’allument. Après une introduction planante baignée dans le noir, les premières notes de « Nucléaire » résonnent pour un prélude tout en douceur. Les titres s’enchaînent, des souvenirs heureux de l’album d’avant « Un corps à prendre », « Vilaine » qu’on se surprend à connaître encore par cœur. On commence à planer aux sons de « En L », de « James Blunt », des volutes de fumée vertes se créent autour de la scène comme pour rendre hommage aux morceaux. Puis un silence, Jaco et Alix nous emmènent « Au Baccara », on valse un peu la tête ailleurs.  Après ces moments de tendresse, la transe envahit la salle, le groupe hyperactif balance une dose d’énergie sur le salle et enchaîne successivement « Pastel », « BNP » et « Bébé », de quoi réveiller les morts.

 

 

Vient alors le moment tant attendu des habitués des concerts d’Odezenne, l’hymne à l’amour « Je veux te baiser », les corps se collent dans la lumière rosée, on a envie d’embrasser n’importe qui. « Lyon vous êtes la plus grande partouze de la tournée » lance Jaco au public déjà amoureux. Le groupe quitte la scène sur « Jacques a dit », malgré les parfums d’au-revoir dans l’air, ils reviendront trois fois avec deux  morceaux surprises et un vrai départ en beauté sur « Matin ».

 

La foule s’en va, pleine d’amour et d’espoir dans les yeux. C’est déjà fini. On aurait bien aimé que ça dure toute la nuit. Une chose est sûre : ce soir là, on aura goûté à la vie.

 

SETLIST : 

NUCLEAIRE

UN CORPS A PRENDRE

VILAINE

LOST

EN L

BONNIE

JAMES BLUNT

AU BACCARA

CABRIOLET

SOUFFLE LE VENT

BOUBOUCHE

PASTEL

BNP

SATANA

BEBE

VODKA

JE VEUX TE BAISER

BOUCHE A LEVRE

ON NAÎT, ON VIT, ON MEURT

JACQUES A DIT

TONY

BLEU FUSHIA

LA BUCHE

SALOPE D’AMOUR

MATIN

 

 

© Justine Targhetta