Retour au Ninkasi en compagnie de Robben Ford

Des sons blues fluides, des percussions, des lignes de basse groovy, le tapotement de mille pieds et l’électricité de la guitare Fender Télécaster de Robben Ford, le tout apprécié au Ninkasi avec une bière artisanale fraîchement brassée.

 

Robben Ford débute au saxophone à l’âge de dix ans puis c’est quatre ans plus tard qu’il apprendra la guitare. Il forme son premier groupe à 18 ans, le Charles Ford Band, avec ses frères, en l’honneur de leur père Charles. Par la suite, il formera plusieurs groupes tel que Yellowjackets ou The Blue Line et finira par entamer une carrière solo. Il commence à se faire connaître en 1986 lors de sa tournée avec Miles Davis.

 

 

Le 4 novembre dernier, nous avons eu le plaisir de découvrir le savoir-faire de Robben Ford, classé parmi les « 100 meilleurs guitaristes du XXe siècle » par le magazine Musician.

 

La fosse, presque remplie laissait apparaître un public dense et enthousiaste. 

 

Les quatre interprètes étaient très habiles, gardaient un rythme serré et présentaient des passages en solo (l’un des musiciens jouait seul afin de pouvoir s’exprimer, avec l’accompagnement rythmique de la basse ou de la batterie).

 

 

La guitare blues de Ford était complexe, mais douce. Son phrasé, léger,  incorporait un mélange d’accords jazz-blues et de rapides enchaînements mélodiques. Le tout mêlé à l’habileté et à la facilité de ses plus de 40 ans d’expérience professionnelle.

 

Les paroles de Ford racontent des histoires d’amour, de chagrin, de compassion et de triomphe et ont été bien accueillies par le public dévoué. Nous étions entourés par une foule un peu plus âgée, ce qui était prévisible car Robben Ford a commencé à se produire dans les années 1960.

 

C’était une énergique promenade à laquelle nous avons été livrés, sous des airs de blues. Avec les morceaux Good Times et Tangle With Ya, les sonorités vibraient dans nos oreilles, dans nos corps, nous embarquaient dans une puissante volupté. Un jeu de séduction entre les sons électriques de la guitare et les yeux ébahis du public avait un pouvoir enivrant et provocateur, et ce particulièrement dans Oh Virginia, et Crazy For My Baby. Sans oublier toute la rage déferlée dans le morceau Indianola, qui amplifiait d’une gradation parfaite notre frénésie.

 

La session rythmique du groupe a volé la vedette avec de nombreux solos de basse et un solo de batterie qui s’est étendu jusqu’à la fin de la nuit. La foule a rugi et a applaudi après chaque segment, ne manquant jamais d’être impressionnée par l’habileté et la perfection de ces artistes. Leur complicité était vive, cela donnait encore plus de chaleur au concert.

 

 

Ford est un guitariste incomparable, jouant de la Télécaster non pas comme d’un instrument, mais comme une extension de lui-même. C’était une soirée dont nous nous souviendrons toujours.

 

 

© Chronique de Lauryn Channelière.