Minuit : « La nuit c’est un moment de liberté, de rêve où tu peux te permettre des choses qui sortent de l’ordinaire »

Au début du mois de décembre, le groupe Minuit était de passage à Lyon pour une pierre deux coups, un show-case suivi d’un concert au Transbordeur. Entre deux balances, on a bavardé avec Simone Ringer, voix pétillante du groupe et fille de Catherine Ringer, chanteuse du groupe emblématique :  Rita Mitsouko. Au beau milieu des livres de la grande enseigne lyonnaise, on a discuté de leur premier album « Vertigo » et de l’univers déjanté du groupe. 

 

C’est quel genre de fête Minuit ?

 

Simone : C’est une fête où tu danses, où tu peux danser selon différents rythmes, où tu peux danser toute la nuit.

 

Ce soir sera le dernier concert de l’année pour Minuit, qu’est-ce que vous gardez de cette année ?

 

S : Plein de choses, la sortie de l’album, cette tournée qui est trop cool. Et puis on a des lumières, une équipe plus importante, je sens qu’il y a un truc très fort sur la scène, 2018 c’est vraiment l’année de la scène.

 

 

Vous avez sorti votre nouvel album « Vertigo » cette année, après un EP sorti en 2015, comment vous positionnez votre album par rapport à l’EP, c’est une sorte de consécration pour vous ?

 

S : Je pense que cet album c’est plus une photo d’un moment, d’un instant, puis ensuite ça évolue beaucoup, déjà entre l’album et ce qu’on propose sur scène, il y a de grandes différences. Je ne sais pas si c’est une consécration mais en tout cas c’est l’achèvement de quelque chose.

  

La nuit est omni-présente dans cet album que ce soit dans les mots, les histoires et même dans les mélodies, qu’est-ce qui vous inspire dans la nuit ?

 

S : La nuit c’est un moment de liberté, de rêves, où tu peux te permettre des choses qui sortent de l’ordinaire. Il y a un truc de « laisser-aller » dans la nuit. La nuit, tout peut arriver, tout est possible. C’est l’heure des rencontres.

 

Quand on écoute Minuit, on est tout de suite frappé par ta voix Simone, ça caractérise un peu le projet, cette façon de chanter assez singulière, les changements d’intonation au fil des phrases, cet aspect très théâtral aussi, tu t’inspires des Rita Mitsouko pour ce grain de folie ?

 

S : C’est sûr, je vais aux concerts depuis que je suis petite et j’adore les Rita. En dehors de ça, je crois que c’est le côté spectacle qui m’a inspiré. Que ce soit dans les Rita ou dans un Minuit il y’a un côté « show » assez délirant.

Moi je suis assez pudique, et du coup la scène ça me permet de me mettre dans un autre personnage et d’avoir ce côté un peu théâtral qui permet de ne pas me mettre totalement à nue.

 

Vous aimez bien raconter des histoires avec Minuit, tu peux me raconter celle de « Harry Tueur » que j’aime particulièrement.

 

S : Je voulais créer un personnage et je suis tombée sur ce nom « Harry » que j’aimais bien, j’ai pensé à Léon (NDLR film de Luc Besson), parce que tu vois c’est un peu ça, ce truc de tueurs à gage, je voulais raconter cette espèce de fascination qu’on peut avoir pour un bad boy, du mec un peu dangereux que tu ne peux pas vraiment tenir. Et après j’ai eu une envie d’un refrain à la Lana Del Rey, c’est fou comme elle arrive toujours à chanter ces chansons d’amour en parlant de tous ces bad boy un peu cruels.

 

 

Quand on écoute « Moaning for love » ou encore « Exil », on a vraiment l’impression d’être téléporté tout droit dans les années 80, quels rapports vous entretenez avec cette époque ?

 

S : J’adore la musique des années 80, il y a un truc très fou, parce que tu as encore le côté punk, le côté rock et aussi l’arrivée de l’électronique et des synthés. C’est un peu la période dorée de l’industrie musicale. Puis visuellement, quand tu regardes les clips, c’est aussi la période de l’image et surtout la période de la liberté. 

 

 

Quel est votre point G musical, ce qui vous fait le plus vibrer dans la musique ?

 

S : C’est marrant parce qu’on en discutait avec les autres tout à l’heure, à chaque fois le truc qui me fait vraiment de l’effet c’est une batterie disco, une ligne de basse qui tourne en boucle et un thème aux sonorités aiguës, ça me fera toujours kiffer.

 

 

 

© Leelou Jomain