Kaléidoscope et rêves : Assume Form de James Blake

Voilà presque un mois que le nouvel album de James Blake est dans les bacs, mais comme il s’agissait d’un des plus attendus de l’année, on ne pouvait pas passer à côté de l’occasion de vous en parler.

 

Deux ans et demie d’attente pour enfin retrouver le chouchou britannique de la musique électro-pop moderne. Le splendide The Colour In Anything nous a été dévoilé en mai 2016, et depuis, des titres comme I Need a Forest Fire, Choose Me, ou Love Me In Whatever Way, ne nous quittent plus. Ces deux premiers albums avaient également fait des ravages, autant dire que ce nouvel et quatrième LP était alors très convoité. On voyage volontiers avec ce dernier, en s’arrêtant faire quelques escales surprenantes avec des featuring inédits en compagnie par exemple du phénomène Travis Scott, ou de la chanteuse Rosalía. James Blake a su se démarquer dans cette vaste scène musicale grâce à sa singularité et son éclectisme : mélange de sons électro futuristes raffinés et organiques ou ballades au piano, mais aussi de vibrations plus informes et brutales. Une consolation le temps de douze titres, l’album respire l’amour, une bonne dose pour les poumons.

 

L’entrée en matière nous est familière, mais ce n’est pas pour nous déplaire. Notes de piano enivrantes qui ouvrent le bal et voix suave qui retentit sur Assume Form. Pas nonchalants sur la mélodie de Mile High avec, comme invités, le fameux rappeur Travis Scott, et le producteur Metro Boomin. Dans son clip, dévoilé il y a une semaine, on plonge dans une tasse de café, expulsé hors de la réalité et baigné dans de noires pensées. On accélère le rythme avec Tell Them grâce aux cordes avec une seconde apparition de Metro Boomin, accompagné de Moses Sumney.

 

L’album explore aussi un côté plus sombre sur Where’s The Catch ?, immersion brumeuse avec l’exaltant André 3000, ou encore Power On, où James Blake nous livre ses idées préconçues sur l’amour, le titre étant rythmé par l’expression « I was wrong » (« J’avais tort »). Don’t Miss It, sortie quelques mois avant l’album, s’ajoute à la liste avec une langueur dépressive guidée par cette voix manipulée et ses magnifiques instrumentales.

 

 

Into The Red d’humeur changeante et nostalgique, voix ailée et refrain redoutable « She was the goldrush / She was the goldrush / She was the goldrush ». L’étoile montante Rosalía interprète l’incontournable Barefoot In The Park, combinaison parfaite anglo-espagnole. On sent James Blake flotter dans l’air sur Can ‘t Believe The Way We Flow. Ferveur et passion, Eros est tout prêt. Les questionnements arrivent, Are You In Love ? , le doute plane. De l’amour dans l’air et dans les oreilles, d’irrésistibles mots « Do your best impression for me », « I tried my hardest for you », des hauts et des bas pas qu’en amour mais aussi sur ces quelques notes de synthé.

 

 

Pas d’avion pour cette traversée en Atlantique, mais un voyage à dos de baleine sur I’ll Come Too. On croirait entendre le cétacé, et les quelques mots “I do, I do, I do / I’m in that kind of mood” sur cette mélodie envoûtante et moelleuse résonnent dans notre tête. Nous non plus, “On ne veut pas renter à la maison” (« I don’t want to go home »”), ça tombe bien car le voyage n’est pas terminé.

 

 

Correspondance parfaite avec Lullaby for my Insomniac. À vous en manque de repos, et vous autres qui tournez de l’œil facilement, tentez le sommeil en sa compagnie et vous passerez une nuit palpitante. Appareil en mode avion, musique sur lecture en boucle. Le cœur fait des bonds avant de se calmer et de laisser place à une douce nuit, la porte des rêves est désormais grande ouverte. C’est ainsi que se clos Assume Form, sur le même ton qu’il s’est ouvert.

 

On garde bien au chaud Assume Form dans notre playlist. Des nouveaux titres à l’empreinte établie, comme on les connait, aux collaborations plus surprenantes : toutes ses sonorités s’entrecroisent parfaitement et on reste convaincu par l’ingéniosité de l’artiste.

 

James Blake nous rendra visite pour la première fois à Lyon le 29 mai, alors on n’oublie pas de prendre sa place pour la Nuit 1 des Nuits Sonores !