Abschaum : écume underground made in Lyon

Déjà auteurs de 3 albums, et plusieurs EP’s, Abschaum se pose en rois de la noise. Entre bitume et voltige, ce sombre trio lyonnais nous emmène dans un univers à la fois hypnotique et anxiogène.

 

Le silence ? Abschaum ne connaît pas, non, le groupe préfère le bruit et la répétition. S’opère alors une véritable frontière entre l’album et le live. Sur album, les notes sont claires, déterminées, la voix à sa place, les textes imperceptibles, la longueur a sa fin. Ce son plus clair dévoile alors des influences eighties affirmées. Alan Vega et Suicide rodent en fantômes sur plusieurs titres dont le sublime «Perception ».

 

En live, c’est tout autre, ca dure, se répète, ne prend jamais fin. Les guitares bourdonnent de larsen. Sous forme de vagues, l’intensité augmente doucement, puis explose à l’arrivée de la batterie qui parfois rythme à peine la musique, mais fait plutôt vriller ses cymbales. De son coté, la voix est instrument, elle se fond dans le bruit. Les paroles ? Incompréhensibles, évidemment. Le tout créant alors une ambiance sombre, nous voila hypnotisés par ces sonorités venues d’ailleurs, devenus anxiogènes par la répétition. Tout paraît lointain et pourtant si envahissant.

 

Puis, au milieu du bruit sort une mélodie à la guitare, au synthé, rapidement rejointe de la batterie qui cette fois rythme la musique et dès lors, têtes et corps se balancent. On danse, ou plutôt, on voyage, on se laisse emporter.

 

Alors que, pour certains, leurs concerts paraissent rock, psyché, presque punk, d’autres les comparent à des  Dj Set Techno….

 

 

Le groupe est invité au festival électro/techno des Nuits Sonores le 31 mai. 

 

© Arnaud Martin