Transfer Festival : Voyage à bord du vaisseau Jacco Gardner

Difficile de revenir sur la planète terre après la première nuit au Festival Transfer. Jeudi soir, à l’Epicerie Moderne, l’au-delà n’a jamais été aussi proche de nous. Au volant du vaisseau, Jacco Gardner venu présenter son tout dernier album « Somnium » porté par une installation sonore inédite en quadriphonie.

 

« En vue d’une soirée intimiste et atmosphérique, nous vous invitons à amener vos coussins ou autre plaids pour vous installer confortablement et ainsi favoriser la rêverie. », voilà ce qu’on peut lire à l’entrée du concert. Pas de bol, on a oublié nos coussins. Mais la rêverie à même le sol, on est sûrs que c’est bien aussi. Lorsqu’on s’aventure dans la salle de l’Epicerie pour aller découvrir le premier artiste, personne debout, la scène est vide et c’est sur un tapis rouge, au beau milieu de la foule accroupie que Le Comte a posé ses machines. Les nappes électroniques planantes du jeune rennais n’ont pas mis longtemps à hypnotiser le public, en quelques minutes, les corps assis tombent comme des morts. Le rêve peut alors commencer. Nous qui pensions assister à un simple concert, c’est bel et bien une expérience immersive qui s’offre à nous pour ce premier jour du Transfer.

 

La magie opère à l’arrivée du grand Jacco Gardner, le multi-instrumentaliste néerlandais s’installe derrière ses instruments en compagnie de Maria Pandiello qui l’accompagnera durant tout le voyage. Autour d’eux, une ribambelle de bougies artificielles (ce serait quand même bête d’incendier l’Epicerie) qui plonge la salle dans une atmosphère onirique, presque sacrée. Débute alors un set hors du temps, entièrement instrumental. Comme une éternelle B.O d’un film de science-fiction dont les images seraient nichées dans nos têtes, on ne voit pas le concert passer. Un vent violent souffle entre chaque morceaux, Jacco Gardner maîtrise la tempête comme personne.

 

Il est assez compliqué de captiver un auditoire quand il s’agit de musique instrumentale, encore plus quand cela relève du rock psychédélique, le risque étant de plonger la foule dans une léthargie totale et dans un soporifisme ennuyeux, le jeune néerlandais réussira pourtant à nous tenir en haleine et à invoquer le rêve durant tout le spectacle. On retiendra certains morceaux marquants comme « Levania » et ses airs orientaux psychédéliques ou le sublime « Langragian Point », valse mélancolique qui remuera des souvenirs que l’on croyait éteints. La foule est en transe, certains balancent leurs têtes au rythme des morceaux, d’autres ont déjà atteint une autre planète..

 

Quelques jours après, on se demande encore si cette soirée était bien réelle. Ce qui est sûr, c’est que ce soir là, on aurait bien passé toute la nuit à l’Epicerie, couchés sous les synthés, à la belle étoile de Jacco Gardner.

 

 

© Justine Targhetta