Bégayer et Cyril Cyril : l’Opéra Underground en transe

Le 28 février dernier, à l’Opéra de Lyon, pas de violons, ni danseurs ou chefs d’orchestre, mais des banjos, des guitares arrangées et des rythmes effrénés. Joueront alors le trio Bégayer suivi du duo Cyril Cyril, deux jeunes groupes aux sonorités proches.

 

Bégayer : « parler avec un débit irrégulier, butant involontairement sur certaines syllabes. » Voilà qui résume bien le live bouillant de Bégayer, jeune trio tout droit venu des Alpes. Sur scène, trois garçons, Loup Uberto, Lucas Ravinale, Alexis Vineï et de nombreux instruments bricolés. Un exemple ? Le chanteur joue sur une boite de biscuits en métal sur laquelle est fixé un manche de guitare électrique. Avec cet outillage le groupe s’exclut presque entièrement de toute règle musicale et harmonique. En conséquent, malgré des airs orientaux, Bégayer nous livre une musique nouvelle. Tout déraille, la « guitare », le rythme de la batterie, tout est haché et abstrait. Sur une base très rythmique et répétitive, le chanteur lance des mots, des syllabes, le texte est imperceptible, il bégaye.
Le trio se situe alors entre des groupes comme Cheveu ou The Ex, jouant avec la musique orientale, la noise, l’expérimental, et le punk…

Après un premier morceau calme, le concert devient rapidement électrique. Le chanteur quitte ses chaussures, se tord sur scène comme pris par la folie de l’ivresse musicale. Il crie des textes en arabe, en français, en italien, il frotte sa « guitare » à l’ampli, joue avec le larsen. Se crée alors une tension fiévreuse mais maitrisée car rythmée par l’attentif batteur. On se croit presque dans un rituel, prêt à rentrer en transe. Face à un tel phénomène, le public sourit et en ressort assommé.

 

 

Difficile de jouer après Bégayer… Cyril Cyril monte sur scène. Le duo genevois livrera un concert plutôt lisse, propre, sans extravagance, mais de qualité. Le duo joue son premier album et nous offre une véritable ode à la nature, on reconnaît le saisissant Sous La Mer C’est Calme. Tandis que l’un chante en s’accompagnant d’un banjo, l’autre s’essouffle sur sa batterie. Parfois chantés, parfois parlés, ou même rappés, les textes varient entre arabe et français. Résonne alors un mélange d’influences occidentales, tribales et orientales. Un mélange de musique traditionnelle et de musique moderne.

 

 

Après cette soirée rythmée, le public se montre satisfait et finit même par danser, mais à la sortie de l’Opéra plusieurs personnes bégayent.