Cuirs, cranes rasés, et public libéré : Hubert Lenoir fait trembler le Périscope

C’est à l’occasion de la troisième session Messe organisée Jeudi dernier par le Marché Gare et le label Cold Fame Record que Hubert Lenoir a su faire briller les goutes de sueur du public lyonnais, une première rencontre chaude et (dé)culottée.

 

En introduction, une furieuse folie instrumentale, nous voila bien troublés…mais, au milieu de ce joli bazar le pianiste lance les premiers accords de  La fille de Personne II , nous y sommes, le concert peut commencer. À l’origine d’une musique sans complexe, Hubert Lenoir alias le Baron Bandit détruit les limites, libère les moeurs et sort des cases. Contraste, genre, sexualité et émancipation, voilà, quelques termes propres à l’univers du jeune quebecois. Auteur d’un premier album nommé Darlène, le garçon au look et à la voix non genrés, a su se démarquer auprès de plusieurs générations. Sur une instrumentation aux allures de chanson pop où chantent choeurs et saxophones, le Baron Bandit pose une voix excentrique au ton provocateur et aux paroles libérées. Un mélange parfaitement dérangeant, peut-être pourrions nous parler de Glam Rock ?

 

Il y a alors une incroyable et plaisante frontière entre album et concert. En concert, la petite chanson jazzy revêt son manteau punk et entraine pogos, chaque titre à son instant de déraillement. Tout paraît improvisé, déstructuré, et pourtant tout est maitrisé. Les morceaux ne sont pas simples à jouer, sur l’étroite scène du Périscope, ils sont sept musiciens concentrés (saxo’, synthé, basse, guitare, batterie et chanteuse). L’artiste interprète son album presque en entier, et offre une setlist où s’intercalent avec humour des reprises de grand tubes kitchs (  Voyage Voyage  ! ). En quelques minutes le show tourne à l’ambiance stade de foot alcoolisé où l’on chante fort et faux. Sur scène, Hubert Lenoir provoque, il fait ce qu’il veut, embrasse qui il veut et part se balader où il veut. Mais avant tout il fait danser et s’amuser un public de tout âge. La soirée se clôture sur le titre  Recommencer  suivi d’une petite reprise blagueuse.

 

Dans un désordre de théâtre et de musique, le concert du jeune baron assomme de diversité et pousse à s’émanciper. Le public en ressort changé, un sourire et du rouge au lèvre.

 

© Denoual Coatleven