On était à la 10ème édition de Saint Rock, on vous raconte

Pour sa dixième édition, Saint Rock a vu les choses en grand ! Le festival se tient cette année au château de la Clayette, au milieu du « Grand Étang », près de Mâcon. Tout est là pour garantir une édition réussie : une programmation éclectique (The Pirouettes, Last Train, Inuit, Suzane, Raqoons…), un temps au beau fixe et des festivaliers motivés et en grand nombre ! D’ailleurs, ils arrivent : bienvenue à Saint Rock édition 2019 !

Vendredi 5 juillet, les premiers festivaliers arrivent vers 18h. « On vient voir Pirouettes ! », nous lance une jeune femme. « Raqoons et Minuit aussi ! » complète l’autre. Mais avant de pouvoir découvrir Raqoons, le premier concert est offert par Gat’ et Rim, deux jeunes stéphanois vainqueurs du Tremplin Musikasting 2019. Malgré l’énergie déployée par les deux copains, le concert ne fait pas mouche. Heureusement, Raqoons monte sur scène et avec eux, le groove. 45 minutes d’un rock funky diablement efficace, sublimé par un chanteur-batteur prenant en otage tous les regards. Les trois rockeurs savent chauffer le public et leur solide expérience de concerts se fait sentir (Aluna festival, Musilac, première partie de Broken Back à l’Olympia…). On a pu poser quelques questions au groupe, l’interview est disponible juste ici.

© Justine Targhetta

Le soleil se couche en même temps que Tekpaf débute son show. Show et chaud puisque à peine arrivé sur scène, le chanteur laisse tomber la chemise. Cuivres à tout va, batterie à 200 bpm, chanteur survolté : le groupe coche toutes les cases d’un concert de ska réussi ! Entre deux concerts, on prend le temps d’aller prendre la température auprès des festivaliers.

 

© Éloïse Clanet

On tombe sur Jocelyne, postée devant la grande scène et qui attend l’arrivée de Suzane. Ça tombe bien, la voilà. La jeune chanteuse est accueillie par un tonnerre d’applaudissements et de cris qu’elle conservera tout au long de sa prestation. Durant 40 minutes, Suzane déchaîne son électro parée de textes engagés et autobiographiques. La foule se plie sous les drops impulsés par celle qui était inconnue il y a encore quelques mois de ça. On a pu interviewer la révélation « d’électro française » juste avant son passage sur scène, ça sort bientôt…

 

© Justine Targhetta

Après la prestation donnée par Suzane, on peut aisément affirmer que ce concert aura été le moment fort de la soirée. Sauf si Voyou renverse la balance. Le grand néerlandais, passé par Elephanz, Rhum for Pauline et Pegase a sorti en février son premier album solo qu’il interprète magistralement. Une scénographie colorée et des musiciens au top feront de ce concert le clou d’une soirée variée et réussie. On s’endort la tête et les oreilles pleines de souvenirs…

 

© Leelou Jomain

Après une bonne nuit de sommeil (pour certains du moins), on retourne sur le festival en espérant que la journée qui débute sera aussi grandiose que celle du samedi. Une interview de Last Train en poche (qui arrivera prochainement sur le site), on se rend sur les bords du lac qui accueille le festival. La soirée du dimanche s’ouvre avec Colours in the Street, un groupe pictavien (originaire de Poitiers). Dans la veine musicale d’Isaac Delusion, le groupe a déjà un EP et un album à son actif. Malgré des titres travaillés, le groupe ne fera pas l’unanimité, trop mainstream pour certains, trop simpliste pour d’autres.

La suite est assurée par le groupe le plus rock du festival : Last Train. De retour de Corée et 2 mois avant la sortir de leur nouvel album, les garçons sont très attendus. Dès les premières notes, une déferlante rock s’abat sur le public. Une énergie brute et épaisse, dégagée par quatre instruments maîtrisés à la perfection témoigne des plus de 200 concerts à l’actif du quatuor. Peu de spectateurs dansent, tout le monde est subjugué, prend la claque rock en pleine figure. Le groupe conclut son set par une exclusivité, un titre issu de l’album à venir, The Big Picture. Long de 10 minutes, le morceau se termine en climax, une guitare en morceaux par terre et des éléments de batterie éparpillés sur scène. Un concert de rock est passé par là, la poussière retombe.

© Justine Targhetta

Le bar est alors pris d’assaut, bière et rock font (très) bon ménage, c’est bien connu. On en profite pour accoster un festivalier vêtu d’un somptueux T-shirt à l’effigie de Minuit, programmé pour la fin de soirée. « On devine pour qui tu es là toi ! » lui lance-t-on. « Oui, ce sera la 49ème fois que je les vois, je fais ma cinquantième à la Rochelle dans quelques semaines » nous répond-t-il avec un sourire narquois. Mais avant de voir la bande à Simone Ringer, place au groupe le plus romantique du moment : The Pirouettes. Outre les évidents problèmes de sons lors du concert, le groupe ne semble pas au meilleur de sa forme. Une lumière banale ne met pas en valeur les deux amoureux. Les tubes s’enchaînent mais l’engouement n’est pas au rendez-vous, seuls les fans les plus mordus sont conquis.

© Eloïse Clanet

Le show se termine, les régisseurs s’activent pour préparer le set d’Inuit. Malheureusement, après un court mais joli feu d’artifice, l’apocalypse s’abat sur Saint Rock : grêle, pluie, vent, la nature a décidé de priver les festivaliers d’Inuit et de Minuit. Le festival se clôt donc sur une note amère, vite chassée par les souvenirs des beaux moments que cette 10ème édition nous a offert. On reviendra l’année prochaine, d’autant plus qu’il nous reste des jetons.

A cause de l’intempérie, beaucoup n’ont pas eu le temps de dépenser leurs jetons, substitut de monnaie sur le festival. Saint Rock met alors en place de quoi se faire rembourser mais les festivaliers sont unanimes : avoir des jetons sera une excellente raison de revenir l’année prochaine.