Rock en Seine 2019 : un dimanche rock à souhait

On a eu la chance d’aller à Rock en Seine 2019, on vous raconte cette mémorable édition en trois volets, un par jour. Avec Foals, Royal Blood, et Bring me the Horizon, la journée du dimanche s’annonçait rock et elle le fût.

Avant de voir les têtes d’affiche, plusieurs groupes ont réussi à conquérir le public parisien. L’après-midi s’est ouverte avec les français de Cannibale. Signés sur le label Born Bad Records (connu pour ne révéler que du bon rock : La Femme, Villejuif Underground…), les 5 potes ont livré un show rythmé, à l’allure de messe pop-rock. Tout de suite après, on retrouve Mini Mansions sur la scène Cascade. Propulsés par leur album sorti un mois auparavant, les américains ont emballé la foule, malgré une chaleur écrasante.

 

 

À choisir entre un groupe se reposant sur ses acquis (Two Door Cinema Club) et un trio punk venu de Lyon (Décibelles), on décide d’aller voir les secondes. C’est sur la scène Firestone que les textes cyniques et énervés du groupe récemment signé chez Deaf Rock Records a réveillé les festivaliers, un show prometteur pour la suite. On pourra notamment les voir à la Messe de Minuit le 21 septembre prochain. S’il fallait trouver un bémol, il n’y avait pas assez de pogos à notre goût.

Un peu plus tard sur la scène des 4 Vents, on retrouve la révélation pop du moment : Clairo. Alors que ses premiers singles étaient très prometteurs, l’album de la chanteuse américaine sonne creux et le live n’arrange rien. Peut-être qu’avec une expérience plus importante le show fera son effet, l’avenir nous le dira. De l’autre côté du festival, un groupe, et pas des moindres se prépare à monter sur scène…

 

 

Le seul groupe de métal du festival, Bring me the Horizon se produit sur la Grande Scène une heure durant. BMTH pour les intimes a de très nombreux fans sur le festival (on avait déjà remarqué les omniprésents t-shirts à l’effigie du groupe). Un chanteur charismatique et tatoué de la tête au pied, de la fumée, des circle pit en veux-tu en voilà (mais si vous savez, cette pratique qui consiste à courir le plus vite possible en cercle sans tomber)  : un vrai bon concert de métal en somme. On est tout de même un peu déçu que ce show nous empêche de voir les prometteurs irlandais de The Murder Capital.

On se pose manger une pizza devant Deerhunter et leur rock psyché mais l’horaire nous presse et on se positionne devant la Grande Scène, histoire d’avoir une bonne place pour les stars de la soirée : Royal Blood. Le duo originaire de Brighton est attendu comme le messie. Le charisme dont font preuve le bassiste-chanteur Mike Kerr et son acolyte batteur Ben Thatcher éclaboussent le public, tout autant que la musique remplit les oreilles et le cœur de chaque rockeur présent. Les tubes comme Lights Out, Figure It Out ou How Did We Get So Dark ? s’enchaînent, entrecoupés de chansons plus confidentielles mais non moins acclamé par la foule. Le show se termine sur Out of Black et son iconique rythmique. Le rock a encore une fois fait des émules.

 

Alors que la dernière note de guitare résonne, c’est la débande. Le public de Royal Blood est globalement le même que celui de Foals, qui prend la suite du festival, c’est donc plusieurs dizaines de jeunes qui se ruent vers la scène de la Cascade sur laquelle le groupe oxfordien se produira dans quelques minutes. Aucun n’a voulu manquer le final du duo de rockeurs, comme aucun ne veut louper le début du concert de Foals.

Alors que les pronostics en terme de violence dans la fosse jouaient en faveur de Royal Blood, l’ambiance s’avère plus chaude (ce qui était pourtant compliqué) devant Yannis Philippakis et sa bande. La foule est compressée, autant sur Black Bull, le dernier single sorti que sur des morceaux plus connus et moins énervés comme Exits ou Mountain at my Gates. Les anglais, qui jouaient la veille au Cabaret Vert et l’avant-veille à la première édition de Check In party, n’ont pour autant rien perdu de leur énergie.

 

 

Après 22h, la fête se passe du côté de l’électro. Le duo français Agar Agar entame son set alors que Foals n’a pas encore fini. Deux scène, deux ambiances, deux publics. Surfant sur son album The Dog and the Future sorti il y a un peu moins d’un an, Clara Cappagli et Armand Bultheel laissent libre court à leur imagination musicale et scénique dans un concert qui s’affranchit du format chanson et tend vers le live techno. On notera la présence de l’artiste techno Calling Mariann qui a pâtit de jouer au même moment que les deux artistes précédents. En guise de clôture du festival, les plus téméraires ont pu admirer Aphex Twin et son électro savante qui a comblé le public grâce à son show lumineux.

Il y a 10 ans, Rock en Seine faisait la une de tous les journaux car c’était là que le groupe de rock le plus en vue du moment – Oasis – venait de se séparer. L’édition 2019 ne marquera probablement pas autant les esprits (quoi que) mais chacun pour témoigner de l’unicité de l’événement, tant grâce à son line-up que son ambiance. Il est dorénavant admis qu’une fois Rock en Seine passé, on s’approche un peu plus de la rentrée mais on l’accepte et s’y prépare, des souvenirs plein la tête.

 

 

Si vous voulez (re)lire les reports des jours précédents, c’est ici et .