Rock en Seine 2019 : un samedi électro et rap orienté teenager

On a eu la chance d’aller à Rock en Seine 2019, on vous raconte cette mémorable édition en trois volets, un par jour. Après un vendredi qui a tenu ses promesses, le samedi s’annonçait électro et jeune.

Samedi 24 août 2019. Dès les premières heures du festival, on sent que le public a changé. Plus de parents et leur t-shirt des Cure : ils ont été remplacé par des adolescents qui rêvent de voir Alpha Wann et Major Lazer. Ils sont au bon endroit. Mais avant, la Grande Scène est occupée par Catastrophe, un collectif à l’image d’une salade de fruit : multicolore et survitaminée. Philosophie bienveillante, rythmes endiablés et joie communicative, la journée commence du bon pied grâce au groupe le plus cool de la Terre.

Après un détour par la scène Île-de-France, qui accueille les talents de demain et où on a découvert Cheshire (on vous en reparlera car le jeune groupe de rock mélancolique le mérite), on court voir Céleste et sa soul seventies. Ce concert n’est pas le lieu des pogos mais le temple du groove et de la béatitude. À 17h, la Grande Scène est investie par les californiens de Louis Cole Big Band. Le concert, bien que rythmé, est plus un exercice technique au service du batteur, monstrueux il faut bien l’admettre, qu’un endroit où danser. Le jazz est davantage présent pour la performance que pour la musicalité, dommage. Si vous vouliez danser, il fallait être à 18h devant la Scène Cascade. La jeune Girl in Red et ses copains norvégiens ont livré le concert de la soirée, d’autant plus qu’on ne le soupçonnait absolument pas. À seulement 20 ans, Marie Ulven est une showoman accomplie. La jeune femme ne recule devant rien : sauter dans la foule dès le 5 morceau ? Facile. Parler politique, en anglais, à des français, en étant norvégienne ? Pourquoi se priver. Le groupe a même jouer des titres exclusifs pendant que la chanteuse pogotait avec le public. Le concert parfait on vous dit ! L’album est attendu pour le 6 septembre, inutile de vous dire que vous risquez d’en entendre parler, ici ou ailleurs.

 

 

Après un concert de rock cochant toutes les cases, vient le tour du rap. Alpha Wann et son flow technique et ciselé ont enthousiasmé la foule massée devant la Grande Scène en un éclair. L’évadé de The 1995 a livré un show suant et lourd. Le public a répondu présent et la première apparition de l’acolyte de Nekfeu sur la scène parisienne n’a déçu personne, même les plus sceptiques. La chaleur se poursuit mais dans un autre style sur la scène de la Cascade. Polo & Pan (DJ set, comme le mentionne l’affiche) installent sans attendre une ambiance exotique et torride. Ils embarquent le public dans un voyage au pays des couleurs et de la bonne humeur. Oubliez vos soucis et venez chiller, vous déhancher au rythme de la flûte de pan et des airs de percussions endiablés.

À ce moment de la soirée, on entre dans les trois artistes les plus attendus de la soirée. La popstar Jorja Smith occupe la Grande Scène une bonne heure mais n’aura su convaincre que ses fans, les autres étant en train de goûter aux milles délices gustatifs accessibles sur le festival. Mais à 22h, le groove monte sur scène et avec lui Jungle. Les londoniens, très attendus, ont conquis le public en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Pas de fioritures, droit au but, les sept musiciens enchaînent les tubes avec une facilité déconcertante. Le public exulte à chaque morceau et danse, autant sur Busy Earnin’ que sur The Heat. Le clou de la soirée est annoncé comme étant Major Lazer. La superproduction américaine est composée du producteur Diplo et du rappeur Washly Fire. Pendant 2h, la show est au rendez-vous, c’est le moins qu’on puisse dire : flammes dans tous les sens, images de clip, mégalomanie exacerbée, danseuses qui twerkent… Bref, on est dans le cliché du concert américain, qui en fait trop, beaucoup trop. Au bout de 20 minutes, on en a plein les oreilles et les yeux, on se réfugie donc devant Folamour, son set disco et ses 25 personnes en guise de public. Comme quoi, la taille du public importe peu. De quoi finir en beauté la deuxième journée du festival.

Si vous voulez (re)lire les reports des autres jours, c’est ici et .

 

 

 

© JACK PARKER from ATL