Décibelles : « À la FNAC on est dans le bac chanson française ! »

À l’occasion de la Messe de Minuit lyonnaise, on a eu la chance de rencontrer Décibelles, trio rock en pleine ascension. Fanny, Sabrina et Guillaume nous ont parlé de l’histoire du groupe et de leur nouvel album, « Rock Français ». Entretien.

L : Pouvez-vous vous présenter ?

Sabrina : On s’appelle Décibelles, on est un groupe qui vient de Lyon.

 

B. : Du coup vous vous connaissez d’avant toutes les deux [Sabrina et Fanny] et vous avez rencontré Guillaume après c’est ça ?

Fanny : Oui voilà, le groupe existe depuis très longtemps. Ça va faire 13 ans qu’on commencé à jouer ensemble avec Sabrina, on était collégiennes à cette époque. On était à Lans-en-Vercors, un petit village au-dessus de Grenoble, un endroit où y’a rien à faire. On a fait un local de répète dans ma cave et on s’est mit à jouer ensemble à 15 ans, avec d’autres personnes, d’autres filles. Après on a rencontré Émilie qui a été la bassiste de Décibelles pendant 10 ans. Puis il y a 2 ans, Guillaume est arrivé.

 

B. : Comment vous êtes-vous rencontrés ? 

Guillaume : Moi je suis de Grenoble donc Décibelles c’était la scène locale. J’habitais dans le Vercors et Décibelles a été un de mes premiers concerts, pour de vrai ! Avant j’ai eu mes expériences musicales de mon côté à Grenoble. Fanny m’a appelé il y a deux ans et demi et j’ai quitté mon taff.

F : Ouais, on avait une tournée qui tombait en septembre et on a avait un changement de bassiste… Avec Émilie on s’est séparé parce qu’on faisait de plus en plus de concerts donc fallait savoir si on avait envie de faire ça ou de faire autre chose et Émilie avait une carrière dans l’art contemporain donc…

S : Et entre Émilie et Guillaume on a eu Julia qui nous a bien dépanné sur toute la sortie d’album de Tight qu’on a enregistré à deux avec Fanny.

F : Mais là Guillaume c’est un membre permanent, c’est ça la formation Décibelles ! [rires]

 

© Laeti Foxx

L. : Qui a eu l’idée du nom ?

B. : Parce qu’il est trop bien ! 

F : Décibelles ? Vous le trouvez trop bien ?! C’est génial d’entendre ça parce qu’il est ringard et parfois quand on le dit on a honte !

G : C’est un nom à jeux de mots quoi ! [rires]

F : On la trouvé à 16 ans donc c’est bon, ça nous dédouane. On cherchait dans le dictionnaire…

S : Oui, il fallait qu’on trouve des mots qui nous plaisent et d’un coup on est tombé sur Décibel et on s’est dit « on rajoute lles à la fin est c’est parti » ! Plusieurs fois après on s’est demandé si on allait pas changé de nom quand-même…

F : En fait j’ai peur que les gens prennent ça trop premier degré…

 

B. : On vous a vu à Rock en Seine fin août. C’est un bon souvenir ? Ça doit faire quelque chose de jouer dans un tel festival… 

F : Faut le voir sur la journée. Le concert était cool, après c’était pas le meilleur concert, c’est pas celui qu’on a préféré…

G : Typiquement, j’ai eu le trac alors je n’ai jamais le trac.

F : Par contre, jouer sur ce festival, avec une journée entière de promo, c’était trop bien. C’était hyper excitant !

 

 

L. : Vous avez pu rencontré des artistes ?

F : Euh… Ça s’est pas trop fait ça, pourtant il y avait un petit truc mignon derrière, c’était plein de petites tentes les unes en face des autres… Mais c’était la course pour nous, c’est la course pour tout le monde…

G : J’ai pas pu aller voir un groupe que j’adore, Deerhunter

F : Il y a aussi un petit côté gros festival, où ça parle pas trop… C’est quand-même Rock en Seine, c’est vraiment le festival de gros hipsters. Du coup l’ambiance derrière est un peu pareil…

 

 

B. : Votre deuxième album, Rock Français est sorti en avril dernier. On a trouvé que le titre était pas hyper inspiré par rapport à vos textes…

S : Dingue que tu dises ça ! Tu dis tout le contraire des gens par rapport au nom du groupe et de l’album ! En fait Rock Français c’est un peu drôle, quand les gens te demandent ce que tu fais comme style, bah je fais du rock français…

F : Ça va dans le sens de Décibelles en fait, avec un connotation vachement ringarde, le grand public pense à Indochine, des trucs comme ça…

G : Tu peux comparer aux paroles mais on a pas fait de concept album… On y a réfléchit mais on n’a pas trouvé le thème qui ressortait le plus tu vois.

F : Moi je pensais beaucoup aux deux noms, Décibelles et Rock Français et je me disais « …c’est si ringard si tu le prends au premier degré ! « .

G : Beaucoup l’ont prit au premier degré : à la FNAC on est au rayon chanson française !

F : Après ça peut se justifier, on a la volonté d’assumer nos textes en français parce que ce n’est pas toujours évident et là on s’est dit gogo, 100% français, au moins les gens sauront ce qu’il en est.

 

 

L. : Au delà du nom de l’album, vous pouvez nous parler un peu de votre pochette ?

F : C’est Amina Bouajila qui a fait la pochette de notre ancien album aussi. Elle a plus écouté les titres, la musique pour bosser et puis elle nous connaît déjà. On lui laisse carte blanche :  » Tiens voilà les morceaux, c’est l’album qu’on va sortir « …

S : On aime bien voir ce que ça donne niveau inspiration. Il y a pleins de chose auxquelles on a pas forcément pensé qui peuvent sortir. Et puis on aimait déjà beaucoup ce qu’elle faisait. C’est ce qu’on fait aussi nos visuels de t-shirts : on trouve des artistes qu’on aime trop, c’est généralement des filles.

 

B. : Quel votre point G musical ?

G : En ce moment, Black Midi, leur album défonce.

F : Moi c’est toujours le même : Scout Niblett. 

S : En ce moment ce serait Beau Corbeau, c’est une fille aussi, de Paris, pas du tout connue mais qui fait des trucs biens.

 

B. : Merci beaucoup à tous les 3 !